Le Zine Lapin le portail des BDs lapin
A la Une > chroniques people et culture > Plus près de toi mon Pote !

Les chroniques de Maaarge

Plus près de toi mon Pote !

Sors-toi les doigts du c.. et Dieu te donnera du papier.

dimanche 2 septembre 2007, par maaarge

En proie à une sorte de crise mystique qui me faisait même douter de l’existence de mon petit orteil droit, je décidai de me rendre à Lourdes en ce mois d’août afin de retrouver toute la ferveur de ma non-chrétienté auprès de Marie. Certains pourront penser que c’est une idée à la con de se ressourcer auprès de Marie lorsqu’on est athée, je peux comprendre ce point de vue. Néanmoins, je pensais que le calme et la paix inhérents à ce genre d’endroits sacrés me permettraient de remettre un peu d’ordre dans le foutoir qui me tenait lieu de cerveau.


J’imaginais un lieu boisé et silencieux, des pèlerins muets, des malades aux râles d’agonie discrets, du calme quoi. Comme j’étais en train de sauver le monde à quelques kilomètres de là en mangeant des quantités industrielles de fromage de brebis et en ingurgitant des litres de Jurançon, je me dis qu’il serait dommage de ne pas en profiter pour aller dire bonjour à l’immaculée conception.
Tout a bien commencé. Je trouvai une place pour garer ma voiture et pris un chemin boisé qui longeait une rivière dont les clapotis s’harmonisaient parfaitement avec le chant des oiseaux. Je me sentais déjà en paix. Pourtant, lorsque je passai devant un gymnase où une bande de jeunes évangélistes beuglait des chansons en agitant frénétiquement les mains sur des accords de guitare, je sentis cette paix intérieure si douce me quitter peu à peu. Devant une assemblée ébahie de sœurs octogénaires, cinq post-adolescents aux visages illuminés proclamaient avec force vibrato leur confiance inébranlable en Dieu. Je me hâtai de passer ma route, soudain prise d’une peur irraisonnée d’être happée par cette foule dont l’engouement religieux semblait proche de l’hystérie collective.
Je retrouvai le calme en m’éloignant mais bientôt, je compris l’énorme erreur que j’avais commise en me décidant à venir ici. Le chemin boisé avait pris fin et je me retrouvai plongée avec stupeur dans une foule inouïe. Je longeai des rangées de petites cabanes en tôle où brûlaient des cierges d’une taille impressionnante et me demandai comment les vieilles qui semblaient peupler l’endroit en majorité pouvaient bien les transporter sur leurs frêles épaules. A moins que Dieu soit aussi coach sportif et que des séances collectives de muscu soient organisées ici de bon matin.
De l’autre côté de la rivière, une messe était célébrée en plein air par un prêtre qui hurlait dans son micro comme le jour de son premier karaoké. Je commençai à avoir des sueurs froides. Je commençai à avoir très peur. J’espérais que sur mon visage ne se lise pas quelle impie j’étais et surtout quelle croyante je n’étais pas. Déjà, je semblais voir dans le regard des gens que je croisais des soupçons sur ma véritable nature. Malgré la certaine mixité sociale et la fraternité affichée qui régnaient ici, j’avais l’impression que les gens avaient deviné que je n’étais même pas baptisée. Mon corps devait exhaler l’odeur rance de la non-croyance même si par 42° à l’ombre, il était bien évident que je n’allais pas me mettre à sentir le jasmin.
Je décidai donc de faire profil bas et je me mis à regarder avec attention mes chaussures tandis que je marchais, tant et si bien que je heurtai de plein fouet un immense mur. Je fus bien étonnée de voir que l’immense mur portait une robe noire et des rangers et plus étonnée encore par l’aspect quelque peu patibulaire du mur en question. Et, cerise sur le gâteau, le mur parlait. Plus inquiétant, il me parla à moi.
- Vous pourriez faire attention.
Le mur avait la plus grosse paire de sourcils qu’il m’ait été donné de voir.
- Excusez-moi.
J’avais bien envie de lui dire que c’était à lui de faire attention et que des murs n’avaient rien à faire au milieu d’un chemin mais je me suis abstenue par peur d’être foudroyée sur-le-champ. Il continua à me toiser tandis que je continuais à regarder mes chaussures puis il s’en alla, non sans pousser un soupir qui semblait dire « Seigneur, pourquoi dois-je me farcir des crétins pareils à longueur de temps ? »
Je me remis en route en slalomant entre les prêtres, les sœurs, les infirmières, les scouts et tous ces gens qui semblaient être persuadés que la vierge était apparue dans une grotte. D’ailleurs, j’y arrivais à la grotte. Une sorte d’esplanade entourée de cordons lui faisait face. Il était indiqué qu’il était interdit de brailler et de fumer des cigarettes dans ce périmètre. Evidemment, la vierge est non-fumeuse, ce qui n’arrangeait guère mes affaires puisque l’atmosphère ambiante me donnait une folle envie de griller un demi-milliard de clopes. Je venais de plus d’être prise de crampes d’estomac extrêmement douloureuses, sûrement dues à mon statut de païenne dans un lieu sacré. J’eus soudain peur que si je me mettais à vomir on pratique sur moi un exorcisme express. Mais Lourdes étant un lieu propice aux guérisons miraculeuses, je me dis que la vierge allait bien me donner un coup de pouce pour m’empêcher de vider le contenu de mon estomac sur l’esplanade immaculée. J’allai me mettre dans la queue qui menait à la grotte mais je me rendis bientôt compte que j’étais la seule à ne pas porter de cierge. Dans les regards des gens qui m’entouraient, je pouvais lire que je n’étais qu’une sale égoïste même pas foutue de dépenser quelques euros pour assurer mon salut. Néanmoins, je ne fis pas grand cas de ces regards peu amènes. Comme je ne savais pas très bien ce que l’on était censé faire en passant dans la grotte, je tentais d’observer comment se comportaient les gens devant moi. Armés de leur cierge, il semblait caresser le mur de la grotte en marmonnant des sortes d’incantations mystiques. Il y en avait même qui pleuraient. J’en avais froid dans le dos. Mon mal de ventre ne me lâchait pas. Je fis de mon mieux pour tenter de passer inaperçue. Je passais ma main le long de la paroi en essayant de ne pas penser aux milliards de bactéries qui devaient y loger. Le mur était humide ou alors il était couvert de la crasse que des centaines de gens y déposaient chaque jour. J’eus un haut-le-cœur. Pour détourner mon attention de ma main engluée, je me décidai moi aussi à prononcer une incantation mystique. Comme je n’en connaissais aucune, je me dis qu’une petite chanson ferait bien l’affaire et que de toute façon, c’est bien l’intention qui compte. Je me mis donc à fredonner « Respect » d’Aretha Franklin, mais emportée par la verve de la musique, je ne me rendis pas compte que je m’étais mise à me déhancher sauvagement. Ce n’est que lorsque je vis tous les regards tournés vers moi, y compris celui de Marie du haut de sa niche dans le rocher, que je me dis que le déhanchement sauvage n’était peut-être pas de mise en ces lieux. Consternée par ce manque de sens musical, je sortis de la grotte en effectuant un élégant moonwalk qui ne sembla impressionner personne. Je ne me sentais décidément pas en odeur de sainteté ici.
Je décidai de me rendre aux abreuvoirs munis de robinet comme on en voit dans les toilettes publiques pour goûter la fameuse eau de Lourdes . Cependant, je fus arrêtée en chemin par un mur, le même que précédemment. Il resta à me fixer de ses sourcils proéminents sans prononcer un mot. Je décidai de faire de même bien que mes sourcils épilés aient un pouvoir moindre en terme de regard impressionnant. Nous restâmes donc à nous fixer dans un combat silencieux de sourcils que je gagnai haut la main. En effet, le mur finit par abandonner et ses sourcils s’affaissèrent. Il passa son chemin, penaud me sembla-t-il. Comme quoi, une masse de poils même bénis ne peut rien contre une épilation parfaite.
Je passai mon tour à l’abreuvoir, celui-ci étant envahi par une foule de gens armés de jerrycans de 5 litres et j’allai faire du lèche-vitrines en ville. Ce n’était pas les boutiques qui manquaient. Je m’arrêtai à la Providence puis au Palais du Rosaire qui regorgeaient de bondieuseries plus étonnantes les unes que les autres. Mon mal de ventre me tenaillait toujours, ce qui ne m’empêcha pas de faire quelques emplettes. Je fis ainsi l’acquisition de cartes en hologrammes de Jésus, d’un pin’s parlant de la Vierge hurlant à Bernadette Soubirou « JE SUIS L’IMMACULEE CONCEPTION !!!!! », d’une vierge phosphorescente ainsi que d’un ravissant chapelet rose fluo. Le magasin était tenu par des sœurs-infirmières reconverties en caissières de supermarchés, l’amabilité en moins. A croire que le fait d’être certaines d’être sauvées le jour du Jugement leu donnait le droit de faire la gueule à tout le monde. Cela ne s’arrangea pas lorsque je mis à leur demander où est-ce que je pourrais trouver un cache-sexe orné de la tête de Jésus. On me jeta dehors sans ménagement et sans aucune pitié.
Cet endroit ne me disait décidément rien qui vaille, il fallait que je m’en aille avant d’être foudroyée par le seigneur. Sur le chemin du retour, alors que je marchais sur l’esplanade gigantesque qui fait face à la somptueuse basilique dont l’entretien onéreux est assuré par les dons des pèlerins, je fus justement foudroyée. Foudroyée par une crampe d’estomac qui me laissa étendue sur le sol, les bras en croix, incapable de me relever. Et, étonnamment, dans un endroit si propice à la fraternité, personne ne vint m’aider à me relever. Pourtant, le râle qui sortait de ma gorge ne pouvait inspirer que la pitié et un désir immédiat de me venir en aide. Lorsque des rangers apparurent dans mon champ de vision et que je vis les yeux du mur m’observer sous ses épais sourcils, je compris que personne n’allait me venir en aide. J’étais une âme perdue pour qui personne ne pourrait rien faire. Le mur me souriait et je sentais dans ce rictus une intense satisfaction à me voir étendue là, victime d’une gastro fulgurante.
-  Vous n’avez rien à faire ici.
-  Aaaarrggghhhh !
Oui, ce fût tout ce que je pus répondre à ce cruel mur. Je me remis debout tant bien que mal, bien décidée à me sortir de ce paradis au plus vite. En me voyant arriver, les gens s’écartaient sur mon passage comme si j’avais la peste. J’avais bien envie de leur crier que ce n’était qu’une simple gastro mais je ne pouvais ouvrir la bouche sans vomir. Je ne pouvais pousser que « HHhhmmmm mmmmmhhh ! » de protestation la bouche fermée ce qui sembla accroître l’effroi de la foule. Toutefois, en repassant devant la grotte, je ne pus m’empêcher de dire un dernier mot à Marie : « COOOONNASSE !!! ». Et je vomis. Je continuai mon chemin sous les jets de cierges brûlants et de cannes acérées. Je repassai devant le concert des jeunes évangélistes et prise d’une fureur soudaine, j’entrai en trombe dans la salle pour leur faire part de mon mécontentement : « C’EST DE LA MERDE VOTRE MUSIQUE !!!! »Je re-vomis et continuai mon chemin sous les jets de chaises et de cordes de guitare acérées.

Lorsque j’atteins finalement ma voiture, un sentiment de paix m’envahit. J’étais enfin à l’abri de cette foule étrange et vibrante de colère, je n’avais plus rien à craindre. Je me dis que tant que je resterai éloignée de cet endroit, tout irait bien pour moi. Comme quoi, pour trouver la paix de l’âme, Lourdes, ça marche.

    Electricité : même les algues s’y mettent par Ysabeau , Juin 2004

    Mouvement de solidarité ou coïncidence ? On ne le saura jamais. Mais le fait est, les algues ont envahi la centrale nucléaire de Palluel en Seine-Maritime en bouchant les tambours filtrants de la station de refroidissement.

    Il a fallu arrêter la production pendant plusieurs heures.

    Les autorités françaises comment à s’inquiéter :
    - et si les agents d’EDF-GDF avaient d’autres alliés aussi puissants ?


    Compagnie Sexuelle d’Annihilation par jeannot , Septembre 2003

    Après les retractations de l’ex-prostituée Fanny devant le juge, le travesti Djamel (qui avait accusé D. Baudis) a été retrouvé mort ce matin dans sa chambre de clinique.

    CSA, CIA, même combat...


    sans coup Féryr... par Phiip , Janvier 2004

    Luc Féry, le mauvais ministre de la mauvaise éducation, évoque les trois points que le projet de texte législatif sur l’école devra prendre en compte à l’automne 2004 :
    - la violence à l’école,
    - l’autorité,
    - et la fin de l’obligation de scolarité jusqu’à 16 ans.

    Sur quoi, Xavier Darcos, le bon ministre délégué à l’enseignement des bonnes manières, a bien entendu cru bon d’ajouter à cette liste le besoin de "redignifier" la fonction d’enseignant.

    En entendant ça, Luc Féry n’a pas pu s’empêcher de préciser qu’il faudrait également "repositionaliser" le rôle des parents.

    Darcos a enchaîné sans attendre en soulignant que les jeunes qui sont responsable du "perturbement" des cours allaient être "compartimentalisationnés" dans certaines classes spécialisées pour leur permettre de mieux "reconstructifier" leur parcours scolaire de pauvres débiles.

    Féry n’en pouvait plus et s’est immédiatement précipité pour se "déclarementer" favorable à l’"obligatisation" pure et simple du port de l’uniforme afin d’"ostensatoirisifier" les signes de la laïcité.

    M’est avis que ces duettistes sont plus "consquedémanchàbalais", et mériteraient ni plus ni moins que d’être "pètlagueulisés".


    un lapsus très gay... par flapou , Novembre 2003

    Servie sur un plateau par les journalistes du Monde, à propos du prêtre anglican homosexuel devenu évêque :

    - Le premier évêque "gay" déchire l’Eglise anglicane.

    No comment.



| Administrature | SPIP