Les chroniques de Maaarge
Faîtes des enfants, qu’ils disaient !
lundi 23 juin 2008, par
Visiblement, ça se fait beaucoup par les temps qui courent. On en voit partout, dans les rues, les magasins, les métros, créatures hideuses et rampantes qui vous observent du coin de leurs yeux toujours débordants de caca que leur mère nettoie consciencieusement comme si ces crottes oculaires méritaient que l’on s’extasie pendant trois plombes dessus. Brrr, moi les mioches me donnent des frissons d’angoisse et les bébés, c’est encore pire.
On croit toujours que c’est mignon un bébé, avec sa peau toute rose et ses pieds tout petits et ses mains, oh, regardez ces mains, avec ces tout petits doigts, et oh, regardez, il a agrippé mon doigt c’est trooooop mignon ! Personne ne sait qu’en réalité, lorsqu’un bébé vous agrippe le doigt de ses ravissantes menottes, c’est dans l’espoir de vous l’arracher avant de le déguster entre deux tranches de pain beurrées. Heureusement, la nature est bien faite puisqu’à cet âge, le boudin rose mutant n’a ni la force ni les dents nécessaires à une telle entreprise et il se contente donc de crisper ses doigts boudinés sur votre index attendri en vous jetant des regards assassins sous ses adorables paupières. Le bébé est un être sanguinaire et machiavélique et il est bien dommage que peu de gens le sachent. Moi, en tout cas, après avoir vu une de mes connaissances quasiment étouffée sous les geysers de vomi de son tendre chérubin, je sais à quoi m’en tenir.
Sébastienne [1], une de mes proches (et rares) amies avait récemment sacrifié à ce rituel barbare et inconscient de l’expulsion mutante et j’avais été instamment priée de participer à la liesse générale en venant rendre mes hommages au monstre vagissant à la maternité, le monstre en question pouvant être aussi bien la mère que l’enfant car, en tant que génitrice d’une saucisse meurtrière, la mère devait elle-même ressembler à un boudin pas frais. Toutefois, lorsque je répondis à l’invitation par un marmonnement que la mère prit à tort pour un "oui", j’évitai ces considérations charcutières qui auraient paru me semble-t-il déplacées après la boucherie qu’avait du constituer l’accouchement.
Toutefois, ce n’est pas sans crainte que je me rendis ce jour-là à la maternité, j’avoue que j’avais même grave les choquottes, mais que celui qui n’a jamais eu à affronter le regard assassin d’un nourrisson me jette la première couche.
Je pénétrai donc dans l’antre de ces horribles démons potelés et talqués armée de ce qui se faisait de mieux en matière de repousse-démon : triple collier de gousses d’ail, pieu en titane, pull-over mi-cachemire mi-kevlar et des boules quiès en authentique cire d’oreille de prêtre -exorciste agréé Vatican II car il est bien connu que les cris des bébés ont le pouvoir de rendre fou.
Et alors que je parcourais les couloirs de la clinique à la recherche de la chambre de mon amie nouvellement mère, les premiers effets de ma panoplie ne tardèrent pas à se faire sentir puisque des hurlements effrayants de nourrissons s’élevèrent au tour de moi et me vrillèrent les tympans malgré mes bouchons d’oreille sanctifiés. J’accélérai le pas et finit par courir franchement en poussant un cri plein de folie guerrière et entrai en trombe dans la chambre de Sébastienne avant de bloquer la porte avec le lit à roulettes de mon amie.
Mais.. Mais qu’est-ce que tu fais bordel ?
Je la regardai gravement, enlevai mes boules quiès et lui posai une main pleine de sollicitude sur l’épaule.
Sébastienne... Ma pauvre Sébastienne ...
Jetant un coup d’œil autour de moi, je constatai avec soulagement que je me trouvais hors de portée des petits doigts potelés du nourrisson qui faisait mine de dormir paisiblement dans son berceau. Je n’étais pas dupe et savais que derrière ses paisibles ronflements de nouveau-né se cachaient de sombres ruminations et des velléités de conquête de l’humanité.
Comme je m’y attendais, Sébastienne était radieuse.
Sébastienne, tu as vraiment une sale gueule.
Ben euh, tu sais, je viens juste d’accoucher, alors bon...
Mouais.
Pour ma part, j’admettais mal qu’on puisse être radieuse tout en ressemblant à un boudin pas frais qui commencerait à être légèrement attaqué par la moisissure.
Tu veux la voir ?
Merde, en plus, c’était une fille, la pire espèce, Sébastienne courait assurément à sa perte.
Non, merci. Tiens, je t’ai apporté quelques bricoles.
Je tendis à Sébastienne mes cadeaux de naissance, assurément les plus utiles qu’elle pourrait recevoir.
Mais, euh, c’est quoi ?
Ben, une bouteille de whisky et une boîte de somnifère.
Oui, mais, euh...pourquoi ?
Décidemment, le refus d’affronter la réalité de cette femme m’étonnerait toujours.
J’approchai prudemment de son lit, qu’elle avait pour une obscure raison décidé de remettre à sa place initiale, en veillant à rester à une distance respectable du zombie en couche qui feignait le sommeil en réfléchissant probablement au meilleur moyen de m’arracher les yeux pour les planter sur des cure-dents comme des olives. Les yeux sont le met préféré des bébés car on peut les mâcher juste avec ses gencives.
Je pris la main de mon amie qui me regardait d’un air mi-interrogateur, mi-effrayé, mi-bovin.
Le whisky c’est pour tenir le coup. Les somnifères, c’est au cas où ça dégénère ...
Que ça dégénère ?
Je dirigeai mon regard vers le berceau en agitant fébrilement mes sourcils pour qu’elle comprenne ce dont il était question tout en n’éveillant pas les soupçons de la créature.
Toujours ce regard interrogateur sur le visage de Sébastienne, j’accentuai mes contorsions pileuses.
Mais qu’est-ce qui t’arrive, t’as un truc dans l’oeil ? Tu veux du collyre ?
Ah bordel, Sébastienne, tu le fais exprès ou quoi ??? écoute, le jour où ça dégénère, tu avales tous les comprimés d’accord ? D’accord ? Surtout ne la laisse pas t’avoir ! CA NE S’ARRÊTERA JAMAIS TU M’ENTENDS ? JAMAIS !!!
Mais Sébastienne ne m’écoutait plus, la créature s’était mise à s’agiter dans son berceau.
Oooooooh, elle s’est réveillée !!!
Tiens, comme par hasard...
Quoi ?
Non, rien.
Sébastienne se dirigea vers le berceau et souleva délicatement sa fille qui tentait de lui décocher un coup de pied à la mâchoire.
Oooooooh, mais il est réveillé le bébé, hein, il est réveillé ! Ouiiiiiiiiii, tu as de jolis petits pieds, on en mangerait !!
Sébastienne avait semble-t-il été contaminée par les pulsions anthropophages de son enfant. J’avais envie de vomir mais j’eus peur des représailles. Je savais qu’en matière de vomi, mieux ne valait pas trop se mesurer aux bébés.
Tu veux la prendre dans tes bras ?
J’étouffai à grand peine des remontées acides.
Non merci, sans façon.
Mais si, allez, tu vas voir c’est facile !
Et elle me colla son nourrisson tueur dans les bras.
Hmm, tu n’as jamais tenu de bébé, n’est-ce pas ?
Non, pourquoi ?
Parce que tu la tiens par les pieds.
Et alors ?
Ben euh, tu sais, c’est pas très bon de la laisser la tête en bas trop longtemps.
Hmmmm, intéressant...
Hé ho ? Tu m’as entendue ?
Hmmmm, oui, oui..
Mais lâche-le nom de dieu !!
Ah ouais ? T’es sûre ?
Je ne sais ce que Sébastienne lut dans mon regard mais elle m’arracha littéralement le bébé des mains et avec une violence certaine qui me fit craindre un instant pour la vie de l’enfant. Non, je déconne.
Calant le bébé contre sa poitrine, Sébastienne entreprit de défaire sa chemise de nuit. Un frisson d’horreur me parcourut.
Mais ...Mais qu’est-ce que tu fais ?
Ben je vais lui donner le sein ?
TU VAS LUI DONNER TON SEIN ?
Ben oui, il a faim.
Mais pourquoi ton sein Sébastienne, pourquoi ???Tu ne peux pas faire ça, merde !! S’il a faim, je sais pas moi, donne-lui un steak, un rat crevé ou un autre bébé mais bordel, pas ton sein !!! Oh Sébastienne, pourquoi ce sacrifice de la partie la plus belle de ton anatomie ??? Déjà que t’es pas gâtée par la nature alors ne gâche pas le peu que tu possèdes !
Je me jetai à genoux en sanglotant aux pieds de mon amie.
Ne fais pas ça ! NE FAIS PAS ÇA !!!
Euh, tu sais, il va juste boire le lait hein, il va pas manger mon sein...
Le lait ?
Oui.
Tu veux dire qu’il y a du lait dans ton sein ?
Oui.
Hmmm... écoute Sébastienne, j’ai été ravie de te voir, ainsi que, euh, comment elle s’appelle ?
Marie-Madeleine.
Un prénom diabolique.
Oui, Marie-Madeleine, c’est ça, mais là il faut que j’y aille, hein. On se rappelle quand tu auras récupéré l’usage de tes seins d’accord ?
Et je m’enfuis de la chambre où reposaient les deux créatures monstrueuses. Prise de panique, je me précipitai dans les toilettes pour dames et inspectai fébrilement mes propres seins à la recherche d’une éventuelle présence de lait et constatai avec soulagement que j’étais tout à fait normalement constituée, voire même mieux foutue que la moyenne.
C’est d’un pas plus léger que je quittai la maternité, songeant un instant à incendier accidentellement ce lieu maudit où des nourrissons suceurs de lait s’agrippaient voracement aux mamelles informes de leur mère dégénérée mais je n’en fis rien, craignant que l’odeur de la fumée s’accorde mal aux notes d’agrumes de mon Chanel n°5. Au lieu de ça, je décidai d’aller me faire poser des implants mammaires.
[1] Oui, sachez que des femmes ont réellement porté ce prénom, ceci n’est pas sorti de mon imagination malade.
Avant||Après...
On n’avertit jamais assez les couples désirant adopter un enfant des divers dangers qui accompagnent cette démarche, au demeurant fort généreuse. Spécialement ceux qui, empêchés dans leur désir d’enfant par des raisons physiologiques, voient et mettent dans l’adoption leur dernier espoir de devenir parent.
Ainsi un célèbre chanteur français, M. Hallyday Johnny, récent adoptant d’un bébé Vietnamien, aurait déclaré à son retour :
"Ah que je me suis fait rouler dans la farine.
Il ne me ressemble pas du tout et il est jaune,
tout jaune."
Dans le magazine d’auto-satisfaction Grand voyageur de la SNCF, on a pu lire :
"Il n’existe pas de définition unique de l’heure de pointe pour toute la France, tout dépend du trajet, de la typologie de clientèle, et de nos objectifs commerciaux"
Euh... les objectifs commerciaux, c’est quand on est sûr d’un TGV qu’il sera bondé qu’on lui colle des tarifs de pointe ?
Cantat la SNCF, à eux de vous faire préférer le train... teigneux !
Le même papier de promotion :
"il y a vingt ans, on vendait des kilomètres, maintenant, on vend des voyages."*
On ne saura jamais la différence de bénéfice... C’est ça le service pudique...
* note du traducteur :
"Il y a vingt ans, on vendait les kilomètres-heures, maintenant, on pigeonne les voyageurs".
Un patient qui se remettait de troubles cardiaques dans un hôpital jordanien s’est retrouvé au service des grands brûlés après avoir allumé une cigarette qui a mis le feu au matelas.
Encore un effet secondaire à signaler à la Seita...
Les animaux ont beaucoup souffert pendant cette émission.
Le contraire aurait été étonnant.