Confusion immobilière
mercredi 29 octobre 2003, par
Au premier feu rouge, Paul se regarda dans le rétroviseur. Son visage était strié de rouge et de larges tâches violettes, ses doigts étaient ensanglantés, ses vêtements déchirés et il avait très très très mal au mollet..
Le chat était normalement un petit félin paisible, avait expliqué la vieille, mais il n’avait aucun sens de l’humour. Sachant que son repas lui était servi à 19h00 pétantes tous les jours, il avait visiblement pris sur lui et patiemment attendu 19h08, puis était entré dans le salon où Paul, toujours en pleine « conversation », ne l’avait pas remarqué.
L’instinct de survie primaire du félin en avait probablement déduit que le type avait l’intention de l’affamer, et qu’il avait décidé de s’en prendre à l’autre bipède, le tout fripé qui portait tout ce tissu dessus, celui qui fournissait la bouffe à l’heure. Son sang n’avait fait qu’un tour.
La plupart des chats sont petits, avec un poil propre et soyeux, affectueux et ronronnent pour obtenir à manger. Lui, c’était le parfait inverse de tout ça. Un énorme matou au poil rêche et puant, qui avait donc bondi sur Paul afin de le convaincre de laisser la fripée le nourrir, puis il l’avait griffé, mordu, et regriffé, et encore, et encore. Paul s’était débattu, mais le matou était étonnamment agile vu son poids, et très musclé. Et lorsqu’il attrapait quelque chose dans sa bouche, comme, disons, un mollet, et bien lui seul décidait du moment où il le relâchait. Comme Paul l’avait appris, il était parfaitement inutile d’essayer de le tirer par la force.
Il n’avait dû son salut qu’au bruit d’une boîte de Kit et Kat en train de s’ouvrir qui détourna instantanément l’agresseur de sa proie. Paul cru entendre ses yeux dire : bon, ben c’était sympa, faudra qu’on remette ça un jour. Coincé entre le fauteuil et la table basse, il s’était péniblement relevé tandis que la mère du suspect concluait joyeusement :
Bon, ben je vois que vous avez fait connaissance... Vous avez du sang, là. Et là. Et un peu là aussi. Je vais chercher de l’iode. Vous êtes pas bien vif quand même, on aurait cru que vous étiez en train de perdre contre le chat.
C’était à cause de l’endroit où il s’était coincé, entre ce satané fauteuil puant le chat et cette table basse remarquablement massive et stable pour une table de salon. Il n’avait pas l’ampleur nécessaire pour faire les mouvements qui lui auraient permis de se défendre, et le chat qui était dessus avait eu un léger avantage. C’était pour ça.
Oui, c’était sûrement pour ça.
Et tout ça pour obtenir le profil psychologique d’un collectionneur de noyaux de cerises...
Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [1]. C’est décevant.
C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.
Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.
Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.
Faut pas déconner non plus !
Des informations [2] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [3] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.
On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
" J’aurai ta peau !"