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09 - Le tragique destin des Zargouis, 1/4

Herbivores et carnivores

dimanche 25 janvier 2004, par Phiip

Noé regarda l’horizon en poussant un énorme soupir. La pluie avait cessé depuis quelques jours, mais pas la moindre terre ne perçait la surface argentée des flots. Machin avait dit quarante jours et quarante nuits de pluie, mais il n’avait pas précisé quand la terre réapparaîtrait. Noé pensa avec effroi que s’ils étaient au-dessus d’une mer d’avant le déluge, ils pouvaient toujours attendre le retrait des eaux. Mais ça, c’était impossible. Non, ils ne pouvaient plus attendre. Et comme pour faire écho à ses pensées, un hurlement de gazelle retentit sur le pont.
- Bon dieu, mais ce n’est pas possible ! hurla Noé, tu vas laisser les herbivores tranquilles, oui ?


Le lion grogna d’un air gêné. Dans ses crocs il tenait une jambe de gazelle, et devant lui, tremblante, se tenait (péniblement) une gazelle concernée avec ses trois pattes restantes. Le lion pensa que c’était injuste, qu’il avait été quand même plutôt sympa, qu’il n’avait tué personne alors qu’à terre, fallait voir s’il s’embarrassait de quelconques subtilités, et que depuis qu’il était sur ce bateau il ne prenait jamais plus d’une patte par herbivore et qu’il n’y avait pas de quoi en faire une montagne.
- Ca fait quinze. Quinze herbivores à trois pattes sur ce putain de bateau rien qu’à ton actif ! Et tu crois que c’est avec ça qu’on va repeupler la terre ? Et comment ils vont faire une fois sur la terre ferme pour se défendre avec trois malheureuses pattes ?

Le lion réprima un sourire. On ne pouvait pas penser à tout.

* * *

Noé avait essayé de séparer le plus possible les carnivores des autres. Il avait à cet effet construit trois ponts dans les entrailles de l’arche, un pour les herbivores, un pour les carnivores et un pour les bestioles sur lesquelles on risque de marcher si on ne fait pas gaffe, comme les insectes, les rats, les serpents ou les limaces. Les oiseaux étaient perchés sur les mâts ou les cordes, parce qu’ils ont des ailes et des pattes prévues pour. Tous pouvaient aller et venir librement sur le pont, mais Noé avait fait bien attention d’édicter des règles très strictes : personne ne mange personne, personne n’écrase personne, personne ne met de coups de corne à personne. Cela s’appelait le « respect mutuel d’urgence », et cela se justifiait par la situation exceptionnelle que tout le monde subissait, et il fallait se serrer les coudes et tout et tout, et pour répondre au python, il expliqua que l’histoire des coudes, c’était une expression, et pour répondre à la limace, il expliqua que non, elle n’était pas obligée de se serrer contre l’éléphant.

Ensuite, Noé avait été très fort. Il sourit rétrospectivement d’autosatisfaction en pensant à son excellent raisonnement. Il avait expliqué aux carnivores que bien sûr, il ne pouvait éviter que ceux-ci mangent des herbivores, qu’il ne pouvait pas surveiller tout le monde, mais que ça n’était pas ça le problème. Et puis il s’était lancé dans une longue explication sur le cycle de la vie, les chaînes alimentaires, et que si les carnivores mangeaient des animaux sur l’arche, ceux-ci ne pourraient plus se reproduire, et ça ferait ça de moins au menu une fois de retour sur la terre ferme, et que même s’ils en mangeaient un seul, c’était foutu à jamais. Puis il s’était rengorgé et avait regardé tous les animaux assemblés. Il avait décelé la perplexité dans le regard des carnivores. Il se souvint avoir alors pensé que tout était résolu...

Et maintenant, un tiers des herbivores n’avaient plus que trois pattes. Les carnivores, suivant l’exemple du lion, avaient très bien compris l’histoire des chaînes alimentaires, et personne n’était mort sur le bateau, si ce n’est la limace que l’éléphant avait écrasée par mégarde sur le pont. Noé soupira de nouveau. Ce n’était pas si grave, de toute façon, vu l’étrangeté de la situation, ces herbivores à trois pattes étaient un moindre mal, puisque leur potentiel reproducteur restait intact.

Il se souvint comme tout lui avait paru simple lorsqu’il était sur terre. Trois principes essentiels : faire que personne ne soit écrasé, que personne ne soit mangé, et mettre les moufettes dans une cabine à part. Jusque là, il ne s’en tirait pas trop mal. Mais il n’avait pas prévu une chose. Il n’avait pas prévu les zargouis.

Le zargoui était une espèce extrêmement commune avant le déluge. Il était de la taille d’un petit singe, avec une peau tachetée comme un léopard, un énorme nez allongé, un petit ventre rond et des mains préhensiles. Si on en croyait les carnivores, les zargouis avaient très mauvais goût, ce qui leur donnait une place privilégiée dans la désormais fameuse « chaîne alimentaire ». Ils étaient un peu herbivores, un peu insectivores, un peu frugivores, un peu feuilles des arbrivores, bref, ils mangeaient tout ce qui était vaguement comestible et qui pouvait s’attraper facilement. Les zargouis ne présentant pas d’intérêt culinaire, ils étaient peu connus des humains, des carnivores et des autres. Leurs mœurs étaient un mystère. Comme ils trouvaient à manger à peu près partout, on en rencontrait à peu près partout. En résumé, sur la terre, les zargouis étaient des animaux sans histoires. Tellement sans histoires d’ailleurs, que Noé avait failli les oublier.

Noé repensa au départ. Tout le monde ou presque était monté dans l’arche, et il avait alors remarqué qu’une bestiole tachetée avec un gros nez observait silencieusement l’embarquement avec un vif intérêt, assise sur une souche. Noé avait vérifié sa liste, puis regardé la bête, et il lui avait crié de s’approcher. Comme elle ne bougeait pas, il était allé lui demander son nom, puis il lui avait expliqué le coup du déluge, de l’arche et des couples d’animaux, et les ennuis avaient alors vraiment commencé car ce zargoui là n’avait pas de copine, et non, il ne savait pas où on pouvait trouver une femelle, que franchement, il n’allait pas non plus s’embarrasser d’une gonzesse, et ça l’arrangerait franchement s’il pouvait monter tout seul parce que les femmes, ça n’apporte que des emmerdes.

Noé avait soupiré, il se souvint avoir pensé en un éclair que s’il n’était pas descendu, il se serait épargné ces problèmes, et que personne n’aurait jamais remarqué qu’il n’y avait pas de zargouis dans le nouveau monde. Mais Noé était quelqu’un extrêmement consciencieux, il avait passé plus d’un mois à faire une liste de tous les animaux du monde, il était allé les démarcher tous, un mâle et une femelle de chaque espèce (et deux escargots au hasard), il avait réussi un travail de titan dont il n’était pas peu fier, et c’était pas étonnant que Dieu l’ait choisi lui, Noé, et c’était pas une bestiole à gros nez qui allait tout foutre en l’air.

    Où y a du collagène y a pas de plaisir par Bubble’s Talks , Septembre 2005

    Des informations [1] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [2] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.

    On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
    - " J’aurai ta peau !"


    Jean-Paul II, c’était une mauvaise blague. par Glaüx le Chouette , Avril 2005

    Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [3]. C’est décevant.

    C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.

    Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.


    Alleluia ! par Lapinzosky , Juin 2005

    Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.

    Faut pas déconner non plus !



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