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la bible - l’ancien testament

10 - Le tragique destin des Zargouis, 2/4

deux animaux de chaque espèce

mercredi 28 janvier 2004, par Phiip

Il pleuvait depuis plus de six heures quand il revint au bateau en traînant une femelle zargoui. Celle-là, par contre, ne voulait pas monter dans l’arche sans son mec, mais comme Noé avait déjà installé le zargoui mâle dans le compartiment des herbivores, il ne pouvait plus décemment le virer en substituant l’autre, et comme il avait passé une journée entière à chercher cette bestiole sous la pluie, il n’allait certainement pas la laisser filer. Il ne pouvait pas non plus avoir sur l’arche deux mâles zargouis et une femelle, parce qu’il avait insisté auprès de toutes les espèces en précisant un mâle et une femelle, personne n’apporte son harem sinon ça va être le souk, et puis de toute façon, l’arche ne peut pas contenir plus que un mâle et une femelle de chaque espèce.


C’est avec le lion (encore lui) que ça avait fait le plus d’histoires. Il avait huit femelles dans son harem, ce qui lui permettait de ne pas en foutre une ramée de toute la journée [1], et il craignait de devoir se mettre à bosser si on ne lui laissait qu’une femelle. Noé n’avait pas cédé pour les lionnes, il n’allait pas céder pour les zargouis. En y réfléchissant, il se dit que le zargoui était le seul animal qu’il ait dû assommer pour le faire monter dans l’arche. Il se souvint également du poids de cette sale petite bête lorsqu’elle est mouillée, alors qu’elle a l’air toute légère comme ça.

* * *

Noé embrassa le pont d’un regard. Le lion et la lionne finissaient leur cuisse de gazelle. A côté d’eux, les hyènes et les vautours attendaient après les restes. Noé vit alors quelque chose qui lui avait échappé avant : les herbivores à trois pattes devisaient gaiement entre eux, tout en lançant de grands sourires aux herbivores à quatre pattes. Ces derniers, par contre, semblaient extrêmement nerveux, surtout depuis que le couple de léopards était remonté sur le pont et se faisait dorer sur le toit du poste de pilotage. Une antilope tripède lança un bonjour joyeux au couple, qui lui rendit la pareille. Un zèbre quadrupède, se sentant observé, allait et venait nerveusement sur le pont. Noé pensa que chez les herbivores, le stress est étroitement lié au nombre de pattes de l’animal. Il observa également que dans les couples réunissant un quadrupède et un ex-quadrupède, on percevait une certaine tension. Par exemple la femme du zèbre n’avait plus que trois pattes, et le mâle avait confié à Noé qu’il devenait complètement parano. Il lui semblait lire dans le regard de carnivores et des herbivores à trois pattes ce message récurrent : « un jour ou l’autre, tu vas y passer ». Quant à ses collègues quadrupèdes, ils n’étaient pas d’un grand secours. Une sorte de compétition permanente se tenait entre eux pour avoir l’air le moins appétissant possible. L’ensemble des herbivores avait en conséquence une allure extrêmement bizarre.

C’étaient les zargouis qui avaient eu le plus de mal à s’adapter à la vie à bord. Bien sûr, ils ne craignaient pas pour leurs cuisses, mais ils avaient d’autres problèmes : le mâle n’avait pas apprécié que Noé ramène une femelle, et il refusait obstinément de lui parler. La femelle, elle, était furieuse contre Noé qui l’avait emmenée de force, brutalisée et arrachée à son mec pour lui foutre dans les pattes un zargoui qu’elle soupçonnait fortement d’être homosexuel. Noé ne savait pas si le zargoui était ou non homosexuel, mais une chose était sûre : il était pénible, très pénible. Il n’aimait pas la promiscuité avec les herbivores, il n’aimait pas dormir chez les carnivores, et dormir à côté de superbes escargots juteux sans pouvoir les manger le mettait hors de lui. Il trouvait le foin immonde, et se plaignait de l’absence de fruits. Mais comme il était malin, il ne laissait transparaître aucun de ses sentiments, et faisait preuve d’une gentillesse et d’égards extrêmes envers tout le monde. Il ne se plaignait de sa situation qu’à Noé, et il s’en plaignait souvent.

Il mangeait avec les herbivores en devisant gaiement sur le plaisir qu’il ressentait à manger avec eux plutôt qu’avec ces enfoirés de carnivores qui ne pensaient qu’à bouffer les pattes des gens. Comme personne chez les herbivores ne savait qu’il était totalement immangeable, il se posait en porte parole des « victimes de l’agressivité délibérée et sadique » des carnivores. Il développait de longues théories, expliquant que s’ils le voulaient, les carnivores pourraient très bien manger de l’herbe comme tout le monde, qu’ils ne mangeaient des pattes que par gourmandise, et que si tout le monde faisait pareil, le bateau deviendrait invivable, et que par contre si tout le monde y mettait un peu de bonne volonté, le voyage pourrait être presque agréable. Les herbivores l’écoutaient et l’approuvaient vigoureusement. Il expliquait que ce bateau était incroyablement mal géré, qu’il ne comprenait pas comment un incompétent du calibre de Noé avait pu être choisi pour mener une expédition si importante. Il avait fait circuler une pétition parmi les herbivores contre la promiscuité dans la cale et demandant qu’on affecte une partie du compartiment carnivore aux herbivores, ces derniers tenant « plus de place que les félins qui pourraient très bien dormir dans des lits superposés ». Il s’était bien sûr gardé de présenter cette pétition aux carnivores et l’avait donné à Noé pour que celui-ci la transmette. Noé, pour ne pas foutre la merde partout sur le bateau, avait bien évidemment gardé pour lui cette histoire de pétition et avait dû descendre parlementer avec les herbivores pendant plus de trois heures.

Les herbivores avaient plusieurs fois essayé de négocier une trêve avec les carnivores, mais ils n’avaient jamais trouvé de volontaire pour aller dans le compartiment carnivore. C’est alors que le zargoui s’était proposé. Tous l’avaient applaudi, avaient loué son courage et l’avait envoyé chargé de messages de paix et de bonne entente. Il était entré dans le compartiment des carnivores, et il avait longuement discuté avec ces derniers. Il leur avait expliqué que les herbivores étaient excédés, qu’ils commençaient à s’organiser pour se défendre, et que certains préparaient des pièges pour attraper un ou deux carnivores et les garder en otages afin de négocier leurs pattes. Et puis, il leur fit remarquer que la chaîne alimentaire ne marchait que dans un sens, que les herbivores se foutaient complètement d’une éventuelle disparition des carnivores, que ça ne les empêcherait certainement pas de brouter leur herbe dégueulasse une fois que l’eau aurait baissée. Et puis il conclut en expliquant aux carnivores que s’ils n’étaient pas plus fermes, ils se feraient avoir, que les herbivores étaient en position de force, mais que pour l’instant il fallait attendre. Il avait alors ajouté que lui, comme il était sympa, il pouvait aider les carnivores sans que Noé en ait vent, en les renseignant sur les intentions de ces salauds d’herbivores. Les carnivores avaient grogné contre les herbivores, s’indignant de leur attitude négative et agressive, puis ils avaient accepté l’aide du zargoui, même s’ils trouvaient qu’il avait un bien gros nez.

Le zargoui aurait bien semé la zizanie chez les insectes aussi, mais il les détestait. C’était physique, il ne pouvait pas parler à un insecte comme ça, les manger il pouvait, mais leur parler non. Son besoin viscéral de foutre la merde était impuissant devant sa haine des insectes, et c’était paradoxalement la seule chose qui préserva ces petites bêtes.

[1] Quand il se réveillait deux heures par jour, c’était déjà le Pérou.

    Jean-Paul II, c’était une mauvaise blague. par Glaüx le Chouette , Avril 2005

    Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [1]. C’est décevant.

    C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.

    Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.


    Où y a du collagène y a pas de plaisir par Bubble’s Talks , Septembre 2005

    Des informations [2] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [3] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.

    On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
    - " J’aurai ta peau !"


    Alleluia ! par Lapinzosky , Juin 2005

    Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.

    Faut pas déconner non plus !



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