vendredi 13 février 2004, par
Tous les faits relatés ici sont strictement imaginaires... ou presque !
Envoyée en tant que relations publiques de l’Association de Lutte contre le Syndrome de Couic (A.L.S.C) au grand congrès annuel organisé par l’Association de Recherche sur le Syndrome de Couic (A.R.S.C), me voici arrivée dans l’antre du monstre... L’ A.R.S.C est notre meilleur ennemi. C’est la raison pour laquelle nous entretenons des relations d’hypocrite et cordiale camaraderie. Officieusement, dès que l’occasion de présente, nous ne manquons pas de nous faire des crasses.
Officiellement, nous nous entendons à merveille.
Comme tous les ans, je me dévoue pour tenir un stand d’information sur le Syndrome de Couic [1]. Tous mes bénévoles étant atteints de ce mal, et bien sûr désireux d’assister aux conférences médicales, il faut bien que quelqu’un s’y colle... Je vais donc, à la demande du Conseil d’administration, représenter mon Association à une série de conférences auxquelles je n’assisterai pas.
Oh non ! Voilà Paulette qui débarque avec ses peluches !
Coucou Vonder ! Tu voudrais pas vendre mes peluches sur ton stand ? Alors tu vois, il y a les magnets, et puis les porte-clés, et puis les pins, et puis ceux avec le coeur qui clignote...
Okay, okay...
Oh non ! Pas Hortense...
Salut Vonder ! J’ai tricoté des pulls cette année pour l’association. Alors tu vois en fonction des tailles, je reverse des bénéfices plus ou moins importants. Si c’est une grande taille...
Okay, okay, j’ai compris...
Oh non ! Voilà Jacquot aussi...
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, me voici à la tête d’un stock effarant de couteaux suisses, jeux de cartes et autres babioles en tout genre, avec pour mission d’écouler la totalité d’une marchandise que les délégués départementaux eux-mêmes n’ont pas réussi à refourguer.
Mon stand sert également de bureau des pleurs. C’est une maman scandalisée :
Ma fille malade est allée sur votre site, eh bien permettez-moi de ne pas vous féliciter ! Figurez-vous qu’il y avait un film avec des gens couverts de plaques vertes ! C’était vraiment pas beau à voir et maintenant, elle déprime. Vous rendez vous compte ? Des plaques vertes !
Forcément, c’est l’un des symptômes du syndrome de couic...
C’est un adhérent qui se lamente :
Ça fait six mois que je ne reçois plus le journal !
Evidemment, cela fait deux ans qu’il n’a pas renouvelé sa cotisation.
Le pire, c’est le candidat au suicide.
Je vous préviens, je suis au bout du rouleau. Si ça continue, je me tue.
Faites, faites, je vous en prie [2].
Enfin ! Marco s’est décidé à quitter l’atelier « syndrome de couic et traitements » pour me rejoindre.
Alors, c’est intéressant ?
Bof, comme d’habitude... Pas de nouveau traitement à l’horizon... La recherche avance, sauf que pour l’instant elle ne trouve pas.
Et les questions du public, elles sont intéressantes ?
Bof, comme d’habitude... Professeur Knock, j’ai un ami qui se traite au venin d’abeille. Trente piqûres par jour. Vous en pensez quoi ? Mon cousin fume du cannabis, ça lui fait du bien... Au fond, y a pas de mal à se faire du bien ! Moi je suis le régime Kousmine, c’est épatant ! Moi le régime cru ! Je bouffe tout cru : la viande, les légumes, les céréales... Euh... Je crois que je vais laisser la parole au Docteur Patate, spécialiste en nutrition. J’ai entendu parler d’un traitement à base d’eau de mer stérilisée, est-ce que vous connaissez ? C’est un peu cher, 90 euros l’ampoule, non remboursée par la sécu, mais il paraît que ça marche...
Lorsqu’on est atteint d’une maladie grave et incurable, on se raccroche à n’importe quoi pour garder l’espoir, un jour, de retrouver une vie meilleure. Dur dur !
Finalement, la journée est très vite passée. J’ai vendu tout ce qu’on m’avait confié. Fastoche ! J’ai tout bradé... en douce... C’est la période des soldes, hein ?
Mais qu’est ce que je vais bien pouvoir raconter aux administrateurs ?
Que Christelle, du Gers, a quitté Loulou, du Gers, pour se mettre en ménage avec Sandrine, de Haute Garonne et que c’est pour ça que la délégation du Gers est moins dynamique, parce que Loulou broie du noir ?
Que Morgane, de Paris, est amoureuse de Patrick, de Seine-et-Marne, et qu’elle a tenté de le coincer dans une cabine de projection et que Patrick est venu se réfugier sur mon stand sauf que Morgane était hystérique et qu’elle l’a attrapé par le bout de sa cravate et que du coup le stand a valsé ?
Qu’Anne-Laure, du Nord, et que Mireille, du Calvados, se détestent tant qu’à bout d’insultes, elles ont failli en venir aux mains ? ...
Et le syndrome de couic, dans tout ça ?
Le quoi ?!
Bosser pour une association, non, vraiment, c’est pas sérieux...
[1] Le lecteur l’avait compris, à moins qu’il ne soit vraiment une tâche, ce dont nous l’excusons bien volontiers.
[2] Ça, c’est ce que j’aimerais pouvoir lui répondre. Mais déontologiquement, je ne peux pas. Alors j’enfile mes boules Quiès imaginaires et je fais mine de l’écouter débiter sa litanie de malheurs tout en hochant la tête d’un air bougrement compatissant.
Soixante dix neuvieme jour de détention pour Christian Chesnot, Georges Malbrunot et Mohammed Al-Joundi, otages en Irak.
Plus que 1048 jours, vous battez le record établi par Carton, Fontaine et Kauffmann au Liban et à vous le Guinness-book !
Courage les gars.
Les facteurs sont en grève.
Moralité :
Kronenbourg à la poste, Chronopost à la bourre.

C’est la rentrée et comme chaque année, tous les secteurs concernés n’y vont pas par le dos de la cuillère pour allonger la liste des dysfonctionnements imputés, on s’en doute, à notre merveilleux premier ministre et son merveilleux gouvernement, et, on s’en doute aussi, récupérés par la tigresse du PS, future ex-candidate pour les transferts vers l’Ile de Ré, communément réservés aux refoulés des premiers tours des campagnes présidentielles qui obligent les électeurs de gauche à voter à droite.
Soulignons tout de même le constat alarmant des élèves de troisième du futur collège Jean-Paul II de Paris : les élèves de sixième sont vraiment minuscules.