les fables de Jeannot Lapin
jeudi 26 février 2004, par
On a souvent besoin d’un plus petit que soi, surtout lorsqu’on est aussi paresseux que Seigneur Lion. Tranquillement installé au soleil, Sa Majesté travaillait à sa tâche principale, c’est-à-dire la sieste. L’autre Majesté, la lionne, n’était pas franchement du même tempérament. Au contraire, même, c’était plutôt une agitée du plumeau.
Jamais elle n’était tranquille. Soit elle s’occupait des provisions - elle adorait les bonnes parties de chasse - soit elle les préparait pour son mari, qui ne faisait rien d’autre que... rien du tout, justement.
Un jour qu’elle était en train d’examiner son garde-manger, un cri strident et désagréable bascula le roi hors de son lit.
" HIIIIIIIIII ! Une souris ! "
C’est bien un truc de fille, ça, d’avoir peur des souris.
Le roi se retrouva donc face à une obligation conjugale de la plus haute importance : faire dégager l’intruse indésirable.
Un bon roi doit savoir déléguer. Appelle le chat de suite, il s’en occupera, grommela-t-il en somnolant, bienheureux.
Le chat est un bon dératiseur, c’est bien connu, mais beaucoup moins efficace lorsqu’il est servi au dîner de la veille. Dialogue ménagé : - puisque c’est comme ça je boude - tant mieux je pourrai dormir - puisque c’est ça je ferai plus rien à manger - arrête on dirait ta mère - répète ce que tu viens de dire - t’as très bien entendu - tu es un monstre - laisse-moi dormir - tu l’auras voulu - chérie j’ai faim, et la discussion fut aussi close que les paupières du bon roi fainéant.
Ainsi le roi replongea dans son sommeil, dans l’espoir que Bobonne se remette à ses casseroles. Seulement, un deuxième événement vint à bousculer le repos de Sa Majesté : la souris imprudente avait osé escalader son flanc.
Fut-ce par provocation, ou simplement pour aller au plus rapide, le lion était cette fois bien réveillé, et pire, de mauvaise humeur.
Ah je t’y prends, toi, souris de malheur, à effrayer madame et à troubler mon sommeil !
Mais la petite créature avait plus d’un tour dans son sac.
Sauf votre respect, Monseigneur, vous faites erreur : je ne suis pas souris, mais rat. Ce n’est donc pas moi qui effraye votre reine, de même que je ne suis point responsable de votre réveil : je poursuivais la souris qui vous a chevauché jusqu’à ce que vous m’arrêtiez.
Ah... et bien, faisons un marché. Tu me débarrasses de cette souris, et tu as la vie sauve. Si tu refuses, je te croque. Si tu échoues, je te croque. Comme je suis un bon roi, si tu y parviens, je te laisserais t’exiler vivant, car après tout, tu m’as réveillé, et comme tu n’es qu’un vulgaire petit rat, je devrais te croquer.
Et le lion abusé retira sa grosse paluche du rat. Chérie, il n’y a plus de problème de souris, j’ai faim, maintenant, lui lança-t-il, confiant.
Les jours suivants, même heure, même scène, à peu près. La reine retrouvait la souris, criait après son époux, qui répondait qu’elle délirait. Du coup, Madame boudait pour de vrai et Monsieur, contraint au régime - elle avait juré qu’aucun repas ne lui serait servi tant que cette souris vivrait, et elle tenait bien sa parole, sacrebleu.
Le roi avait tellement faim que le seul moyen d’oublier son estomac, c’était de dormir. Vraisemblablement, son lieu de détente privilégié était un vieux hamac - en fait un piège recyclé, loin du plumeau de madame. Seulement, le rat, tout rat qu’il était, n’avait pas vraiment digéré son humiliation par le Lion.
C’est ainsi qu’il se mit à grignoter les mailles du filet.
SBAM !
Meuh aïe !
Tiens, te revoilà, petit rat ! Tu tombes bien, j’ai trop faim.
Et hop.
Depuis, le roi retrouva ses fastueux banquets, et plus un seul rat ou souris ne vinrent troubler la tranquillité de la reine. Comme quoi, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.
Bien qu’ils aient essayé de m’acheter, très cher [100 balles et un Nuts], moi, le chef des juges de la Saint Con, vous pouvez voir que lapin reste bien dernier dans la catégorie des derniers.
Il paraît que leur honneur est sauf, ils l’auraient enfermé dans un coffre avant le concours.
Voici le classement avec le nombre de votes :
nihil = 13
Lapinchien = 10
Nounourz = 8
Aka = 6
M. Con = 6
Phiip = 5
Bobby-Joe = 2
Glaüx-le-Chouette = 2
Caer = 2
Taliesin = 2
Arka = 2
Johnny = 2
Dourak = 1
Vassago = 1
Et comme le veut l’antique règle (que je viens d’inventer donc), je choisis de former le Conclave de l’ordre de Saint-Con avec Lapinchien et Nounourz, qui seront mes assistants dans la dure lutte contre la connerie. Ils me serviront également d’animaux de compagnie et d’esclaves sexuels, comme il se doit.
Et je n’hésiterai jamais à consulter les prélats dévoyés de la Barrique et de lapin.org, M. Con et Phiip, qui font des scores plus qu’honorables !
Pour mieux retrouver ses ressortissants, George Bush décide de recadrer les photos apposées sur les pièces d’identités américaines :
plus besoin de la tête, le tronc suffira.
Sa majesté Galouzeau de Villepin : « Il faut simplifier tout ça ! On n’a pas besoin de deux avions ! Divisons les dépenses ! »
Oué !
On a pas besoin de deux premiers ministres, non plus.
11/09. Je me lève très très tard. Et pourtant, on me dit autour de moi qu’il est très très tôt. Ah, le décalage horaire. Comme disait ma grand-mère :
- Il nous touera tous !
Trois vitamines, douze cafés, je pars. Le voyage se passe bien. Je pilote normalement. D’un seul coup, le co-pilote me lance :
- Attention. Tours jumelles à 9h00.
Alors je vire de l’autre côté. Boum.
Ah, le décalage horaire...