vendredi 27 février 2004, par
VOL AU-DESSUS D’UN NID DE JUGES ou COMMENT LES DECISONS DE LA CHAMBRE D’ACCUSATION COMPTENT POUR DU BEURRE
1985 - La France [1] s’engage à accueillir tous les anciens activistes italiens d’extrême gauche ayant renoncé à la violence et rompu avec leur passé.
1990 - Après de longues années de cavale, Cesare Battisti, ex-responsable du mouvement des Prolétaires armés pour le communisme, trouve refuge en France. Dès son arrivée, il est arrêté et mis en détention. L’Italie, qui l’a condamné à la perpétuité [2], demande son extradition.
1991 - Tenant compte du fait que l’Italie ne rejuge pas, contrairement à la France, les condamnés par contumace, et constatant que deux des meurtres pour lesquels l’ancien militant avait été condamné avaient été commis le même jour, à la même heure, dans deux villes différentes, la chambre d’accusation de Paris donne un avis défavorable à la requête italienne. Battisti est libéré. Il devient gardien d’immeuble pour gagner sa vie, et se fait un nom en écrivant des polars.
2002 - Perben rencontre son homologue italien. Celui-ci lui remet une liste d’anciens leaders communistes italiens réfugiés en France et réclamés par le gouvernement Berlusconi. Le gouvernement Raffarin confirme officiellement l’abandon de la "jurisprudence Mitterrand".
10 février 2004 - Malgré les protestations de la Ligue des droits de l’homme, l’écrivain Cesare Battisti, 49 ans, auteur connu de romans policiers, est arrêté en vue de son extradition par les policiers de la Direction nationale antiterroriste (DNAT).
La morale : Pendant que la chambre d’accusation accuse le coup, le chef de la DNAT, lui, se remet doucement de ses émotions : ils vient d’arrêter un dangereux gardien d’immeuble armé d’un balai de la main gauche et d’une plume de la main droite. Le nom de code de cette opération : Il Ritorno d’Ulisse in patria [3]. Traduction littérale : La patrie retourne sa pelisse.
Chirac aurait déclaré :
"Berlusconi est un super pote, ça lui fait tellement plaisir !"
Le président aurait également cité Victor Hugo :
"La moitié d’un ami, c’est la moitié d’un traître. "
“Normal, Sarko. était du voyage.” - le troisième balayeur du yacht du fils Bolloré, sous couvert d’anonymat, il s’appelle jean-kevin P.
Et ça va durer cinq ans.
Blix et El Baradei remettront un rapport d’inspection à l’ONU le 14 février prochain, jour de la Saint Valentin.
Le titre est déjà arrêté :
"Faites la guerre, pas l’amour".
Notre omniprésident porte plainte contre le Nouvel Obs (au pénal, s’il vous plait) pour avoir révélé ce SMS qu’il aurait envoyé à la nouvelle première dame divorcée avant son remariage avec la future première dame divorcée : "Si tu reviens, j’annule tout".
Cecila, reviens, qu’il démissione !
Deux ans de prison ferme pour le schtroumpf à lunette.
Le jury populaire l’a déclaré coupable d’avoir schtroumpfé.