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Le syndrôme de Dusse

chapitre 05 - Un très bon thérapeute

dimanche 29 février 2004, par Doc Guntherduck

- Raymond ? Raymond ? Hé, Raymond, debout...

Raymond grogna, se tourna et se cacha sous le traversin, sans prendre la peine d’ouvrir les yeux. Commençant à sortir de sa léthargie, il réalisa soudain qu’il n’avait jamais eu de gros traversin agréablement rembourré mais un tout petit coussin aplati, qu’il n’était à sa connaissance pas rentré chez lui depuis la veille et que, s’il avait la désagréable impression de reconnaître la voix qui lui parlait, il ne comprenait pas comment il pouvait être en train de l’entendre à cet instant précis. La soirée commençait à lui revenir en mémoire. Le bar, l’étrange homosexuel qui l’avait dragué, le malaise... Il se redressa d’un coup et regarda nerveusement autour de lui.


- Salut Raymond. Comment ça va ?
- Gérard ? Francis ? Mais... Où je suis ? Et comment...
- Tu es chez moi, répondit Francis, dans la chambre d’amis. On peut dire que tu as eu de la chance.
- De la chance ? Mais... et le...
- Le pédé, hein ? On vous a vu sortir du bar. On vous a suivi. Il t’a emmené dans un parking désert. Apparemment, il avait une bonne grosse envie de te péter la rondelle.
- Manque de chance, c’est plutôt lui qui s’est fait défoncer...

Francis et Gérard partirent d’un rire gras.
- Vous... vous lui avez fait sa fête ?
- Avec le démonte-pneu de Gérard, rigola Francis. Et on a hésité à le lui foutre au cul...
- Ah, on peut dire que ça nous a fait du bien, cette petite virée.
- Ouais, on peut te dire merci, on s’est bien marrés.
- Et... Vous m’avez ramené ici ?
- Ah ça, t’étais aussi réactif qu’une tranche de foie de veau. Heureusement que t’es épais comme un sandwich SNCF, Jean-Claude.

Gérard donna une grande tape dans le dos de Francis et les compères repartirent de leur intolérable rire.
- A part ça, reprit Francis, y a quand même un truc bizarre... Qu’est ce que tu foutais dans ce bar de pédés ? T’es pédé, Jean-Claude ?
- Non... Je croyais. En fait c’est mon psy qui m’a dit que peut-être...

Gérard et Francis se regardèrent, ne semblant plus du tout avoir envie de rire.
- Ton quoi ?
- Mon psy. Le docteur Rambert m’a dit que si ça ne marchait pas avec les femmes, c’est que je devais être...
- Nom de Dieu, tu veux dire que c’est à cause de cet enfoiré de charlatan que tu as failli te faire péter la boîte à caca ?
- Ben... C’est à dire...
- Ok. Lève-toi, Raymond. On va lui faire sa fête.
- Vous voulez frapper mon thérapeute ? Mais...
- Pas de mais, Raymond. Allez, debout.

Joignant le geste à la parole, Francis se dirigea vers le lit et saisit Raymond. A cet instant, la femme de Francis apparut dans l’embrasure de la porte.
- Il va mieux ? Il veut un petit-déjeuner ?
- Bon Dieu, Ghislaine, tu vois pas que c’est pas le moment ? Pousse-toi de là, il faut qu’on y aille.
- Attends, j’accueille ton pédé de copain, je m’emmerde à lui faire le petit-déj, et c’est comme ça que tu me remercies ?
- Ah, ta gueule, Ghislaine, on va pas s’engueuler maintenant. Ce soir, quand je rentre.

Gérard ouvrit la porte du pavillon et sortit en poussant Raymond.
- Salut Ghislaine.
- Gérard, reviens ici, bordel, où tu crois l’emmener, mon crétin de mari ?
- Hé, hurla Francis, t’insultes pas mes amis, morue !
- Enculé !

Gérard fit comme s’il n’entendait rien et amena Raymond à sa voiture. Ils s’installèrent et attendirent. Francis et Ghislaine hurlaient encore. Gérard, impassible, alluma une cigarette, puis l’autoradio. Après deux bonnes minutes de hurlements, Francis arriva et claqua la porte de la twingo.
- Vous vous engueulez souvent, comme ça ? demanda Raymond
- Ta gueule, Raymond. Il bosse où, ton psy ?

Le docteur Rambert était occupé avec un patient atteint de dépression. Celui-ci pleurait sur le divan, tandis que le médecin tentait de le réconforter.
- Ma vie est foutue.
- Oui, je vois, je vois. C’est problématique, effectivement.
- Je vais crever, vous ne vous rendez pas compte à quel point ce que je vis est un enfer...
- Ennuyeux, ennuyeux...

La porte s’ouvrit avec fracas et alla s’abattre sur le mur du cabinet, faisant tomber un cadre contenant un quelconque diplôme.
- Enfoiré ! C’est toi qui as envoyé notre pote dans un bar à pédé ?
- Mais qu’est ce qui se...

Apercevant soudain Raymond, il sembla surpris.
- Jean-Claude Du... Monsieur Gomez ? Mais que signifie...
- Oh toi, ta gueule, dit Gérard, s’approchant de lui.

Le patient se leva du divan et essaya de s’interposer.
- Excusez-moi, mais je suis en consultation, là, et je suis vraiment mal, alors s’il vous plait...
- Oh toi, le pleurnichard dégage, cria Francis. C’est une affaire d’hommes.

Ce faisant, il balança l’homme hors du cabinet et claqua la porte.
- Messieurs, implora Rambert, calmez-vous, que diable. Un peu de tenue.
- Oh toi...
- Allons, la violence ne résoud rien. D’ailleurs qu’est-ce qui vous rend si violent ? Que j’ai envoyé Monsieur Gomez voir des homosexuels ? Ce n’était qu’une piste...
- Oh, ça va, hein, interrompit Francis. On va te péter ta gueule, et puis c’est marre.
- Monsieur... N’avez vous jamais songé que ce besoin de violence pouvait cacher quelque chose ? Un manque, peut-être. Le manque d’affection. Et vous contrebalancez cela en évitant tout geste affectif, en vous complaisant dans une violence qui n’est qu’un vain défoulement...
- Ben... C’est à dire...
- Vous avez des problèmes conjugaux, peut-être. Etes-vous marié ? Votre femme vous parle-t-elle ? Vous battez-vous avec elle ? Vous êtes perdu et tentez de résoudre la crise par une violence gratuite...
- Mais... dit Francis. Je... Oui, avec ma femme c’est pas toujours rose, mais...
- Vous n’avez plus de relation. Avouez. Vous vouliez plus que ça. Vos espoirs ont été déçus.

La voix de Francis se mit à trembler.
- Mais... Oui, des fois je rêve d’autre chose, et... Oh, Ghislaine, pourquoi ? Pourquoi ?
Francis fondit en larmes.

- Hé, vous avez fait quoi à mon copain ? hurla Gérard.
- Rien. C’est lui qui souffre. Il se libère enfin. C’est une vraie démarche thérapeutique. Ne l’entravez pas.
- Je vais te péter ta gueule, à toi...
- Allons, du calme... Et vous ? Pas de problèmes ? De mauvaises relations avec votre mère peut-être ? Avez-vous reçu tout l’amour que vous méritiez ? Vous avez été délaissé, et vous en portez le poids.
- Mais ma maman m’aimait...
- Oui... Mais vous vouliez plus... Une relation plus proche. Vous a-t-elle jamais tenu dans ses bras ?
- Mais oui...
- Suffisamment ? Vous savez, vous réagissez aujourd’hui avec violence aux séquelles de votre passé. Et je peux vous aider à le découvrir...

Gérard fondit en larmes.
- Maman... Pourquoi, maman ? Pourquoi ne m’as-tu jamais pris contre ton cœur ?
- Avez-vous envisagé une thérapie ? Deux séances par semaine pendant un an, pour commencer. Je sens que c’est nécessaire.
- Oh oui, docteur. Aidez-nous ! répondirent en cœur Francis et Gérard.
- Bien. Commençons. Monsieur Gomez, laissez-nous s’il vous plaît. Et à jeudi prochain.

Raymond sortit, se disant que, décidément, le docteur Rambert était très fort. Arrivé dans la rue il vit un attroupement. Un homme s’était jeté du toit de l’immeuble. Il le reconnut. Le patient éjecté par Francis. Alors qu’il contemplait la scène avec horreur, il vit dans la foule une tête connue. Son sang ne fit qu’un tour. Il se fraya un chemin à travers les gens pour la rejoindre.

- Cécile ! Cécile !

    Jean-Paul II, c’était une mauvaise blague. par Glaüx le Chouette , Avril 2005

    Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [1]. C’est décevant.

    C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.

    Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.


    Alleluia ! par Lapinzosky , Juin 2005

    Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.

    Faut pas déconner non plus !


    Où y a du collagène y a pas de plaisir par Bubble’s Talks , Septembre 2005

    Des informations [2] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [3] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.

    On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
    - " J’aurai ta peau !"



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