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Le syndrôme de Dusse

chapitre 10 : Le retour fugace du romantisme

dimanche 4 avril 2004, par Doc Guntherduck

Cécile arrêta la voiture sur une petite butte, aux abords de la ville, entre quelques barres HLM, face aux lumières de l’agglomération.
- Mon Dieu, Cécile, nous l’avons échappée belle, dit Raymond.
- Je suis désolé de vous avoir envoyé vers eux, Raymond. Je ne sais pas ce qui m’a prise.
- Ce n’est rien. C’est déjà oublié. Bon, laissez-moi le volant... Nous allons changer de discothèque. Je ne retourne pas là-bas...

Cécile restait assise au volant, regardant droit devant elle, sans un mot, un sourire béat accroché aux lèvres.
- Cécile ? Levez-vous, laissez-moi votre place et allons au Rocco Club, ce n’est pas loin.
- Oh, non, attendez Raymond. Et si nous restions ici, tous les deux ?
- Ben pourquoi foutre ?


- Raymond, allons, c’est terriblement romantique, ces lumières sur la ville.
- Mais nous sommes coincés entre deux barres HLM atroces sur une colline horrible bourrée d’immondices... Regardez, là-bas, il y a encore des cartons de pizza.
- Mais regardez devant, Raymond, seulement devant. Les lumières de la ville, cette délicate bruine...
- Ce n’est pas de la délicate bruine, ce sont les vapeurs de l’usine d’équarrissage. J’y suis passé avec mon père quand j’étais gosse, vous n’imaginez pas comme ça pue...
- Raymond, mais taisez-vous, et profitez de l’instant !
- On arrivera jamais avant minuit. Les coktails sont deux fois moins chers avant minuit au Rocco Club. Après, ça va nous coûter 13€ pièce, ça me fait un peu mal au cul...
- Mais bon Dieu, Raymond, vous êtes irrécupérable ! Vous ne pouvez pas juste rester-là, avec moi, en silence, et admirer ?
- Désolé.
- Mettez votre bras autour de moi.
- Aïe.
- Quoi, aïe ?
- J’ai le frein à main qui me rentre dans les côtes. Je ne suis pas grand vous savez. Il faut que je me penche pas mal pour amener mon bras autour de vous.
- Bon, alors je me penche aussi, je fais la moitié du travail.

Cécile et Raymond restèrent silencieux un moment. Cécile voulait profiter de ce beau silence qu’ils partageaient, mais Raymond, à tort, le trouvait pesant.
- C’est... C’est vrai que c’est joli, hein.
- Oui...
- Non, je veux dire, plus que le Rocco Club...
- Oui...
- Mais bon, vous me verrez pas danser le Moon Walk, c’est dommage.
- Un autre fois, Raymond, une autre fois.
- Ouais...

Le silence revint, réel, cette fois. Cécile, la tête sur l’épaule de Raymond, souriait. Lui se demandait si son déodorant faisait encore de l’effet. Elle avait presque la tête dans son aisselle. Il se renifla l’autre aisselle pour voir. Pas de problème.
- Vous savez, Raymond, depuis la mort de mon père, personne ne m’a pris dans ses bras. Je me sens seule. C’est pour ça que vous m’avez touché. Moi aussi, je suis mise au ban de la société. Moi aussi, je suis marginale. Moi aussi je suis spéciale et incomprise. Je suis aussi une perdante.
- Vous pensez que je suis un perdant ? Merci...
- Mais non, nous sommes tous des perdants, d’une façon ou d’une autre, Raymond. Dans ce monde, personne ne peut gagner. Il n’y a rien à gagner.
- Ouais...

Encore une fois, le silence. Raymond sentait la respiration de Cécile contre lui. Son bras gauche vint se poser sur sa cuisse, délicatement. Raymond respirait de plus en plus fort, et des gouttes perlaient sur son front.
- Embrasse-moi, Raymond.
- Ah, on se tutoie, maintenant ? C’est bien, j’allais justement le proposer, et...
- Tais-toi, Raymond, embrasse-moi.
- Ouais...

Il se pencha vers elle et se mit à l’embrasser timidement, puis plus fort. Leurs deux corps se mélangeaient dans la voiture, gênés seulement par le frein à main, le volant et le levier de vitesse, qui venaient les bloquer dans leurs ébats.
- Raymond, comment est-ce que l’on descend ce siège ?
- On tire sur cette poignée...

Raymond tira sur la poignée et le siège et ses occupants tombèrent avec fracas sur la banquette arrière.
- On a cassé quelque chose, là ?
- On s’en fout, Raymond, prends-moi...
- Non, mais ma mère va gueuler...
- Tais-toi, Raymond...
- Oui, mais maman...

Pour le faire taire, elle l’embrassa à nouveau.
- Oh la vache. Ca fait longtemps que ça m’était pas arrivé, un truc comme ça...
- Mais tais-toi, à la fin, tu me fatigues... Hmmm... Qu’est ce que je sens, là, hein grand dégoûtant...
- Non, c’est toujours le frein à main... Moi ma braguette est coincée.
- Attends, je vais te la décoincer, moi, tu vas voir !
- Aïe, aïe, aïe....
- Quoi, encore ?
- Mais c’est encore le frein à main...
- Oh, et puis marre, de ce frein à main !

Cécile appuya sur le frein et le ramena à sa position relachée. Raymond eut à peine le temps de hurler « Non !! » que déjà la voiture avait avancé et commençait à dévaler la colline.
- Cécile, les freins, appuie sur les freins !
- Je ne peux pas, je suis coincée !

Dans un grand cri de stupeur et d’effroi, la voiture fit une chute de cinq mètres et partit s’encastrer dans un chêne avec ses deux occupants, Cécile terrorisée et Raymond ne songeant plus qu’à une chose : s’il ne mourait pas dans l’accident, ce serait sa mère qui le tuerait.

    Alleluia ! par Lapinzosky , Juin 2005

    Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.

    Faut pas déconner non plus !


    Jean-Paul II, c’était une mauvaise blague. par Glaüx le Chouette , Avril 2005

    Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [1]. C’est décevant.

    C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.

    Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.


    Où y a du collagène y a pas de plaisir par Bubble’s Talks , Septembre 2005

    Des informations [2] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [3] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.

    On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
    - " J’aurai ta peau !"



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