la bible - l’ancien testament
un observatoire provisoire ?
samedi 29 mai 2004, par
L’architecte l’interrompit en signalant que question erreurs, on n’en était plus à ça près, mais l’ingénieur l’ignora. Il enchaîna en signalant qu’en résumé il n’allait pas recommencer ses calculs parce qu’un petite tapette d’architecte avait pondu un « concept », et que ce n’était certainement pas ces briques de pédé qui allaient soutenir la Tour. La « petite tapette d’architecte » fit doucereusement remarquer que si on appliquait les théories « subtiles » de son impétueux et néanmoins cher collègue, il ne resterait plus dans la Tour que des piles énormes avec un petit peu de place autour pour laisser passer les agents d’entretien, et ce dès le 28ème étage ! Le « cher collègue » répliqua que peut-être, mais qu’on n’était pas non plus obligés d’habiter ou d’utiliser absolument TOUS les étages de la Tour, et qu’il existait des contraintes dont on ne pouvait pas s’affranchir, et que malheureusement il semblerait que bien peu de personnes en ait conscience. Le chef de cabinet s’était alors interposé en disant d’une voix forte qu’aucun peuple ayant toute sa tête n’accepterait de payer des impôts pour une tour composée uniquement de poteaux, même s’il restait de la place pour les agents d’entretien, et qu’il n‘était pas question d’entamer les finances publiques pour une tour qui ne servirait à rien.
Le Grand Prêtre s’était indigné qu’à partir du moment où la Tour progressait vers les cieux, elle était utile, et que peu importe ce qu’on faisait des étages, et les ingénieurs approuvèrent de la tête. Le chef de cabinet s’insurgea en criant que c’était certainement pas en suivant les théories stupides d’idéalistes de votre calibre qu’on dirige une nation. Les ingénieurs furent tout surpris de s’entendre traiter d’idéalistes, et ils regardèrent avec surprise l’architecte qui fit un geste avec ses mains pour leur signifier qu’il était aussi surpris qu’eux puisque d’habitude, c’était lui l’idéaliste. Il y eut un petit flottement qui fit que la discussion ne tourna finalement pas au pugilat, et tout le monde fut surpris de voir le calme revenir si vite. Le chef de cabinet en profita pour clore la discussion :
Maintenant qu’on a dimensionné les piles et choisi le matériau, que reste-t-il à l’ordre du jour ?
L’observatoire, si je peux me permettre, fit l’astrologue d’une voix mal assurée. On ne peut pas remettre la problème de l’observatoire à chaque étage. Le E26 est d’une hauteur suffisante pour profiter d’une visibilité inégalée jusqu’à maintenant.
Le chef de cabinet répondit après un soupir :
Monsieur l’astrologue, nous avons la même discussion depuis le E15. L’observatoire est prévu depuis le départ pour le dernier étage de la Tour où la visibilité sera maximale. Et je vous rappelle qu’il est hors de question de construire deux observatoires sur cette tour.
L’astrologue implora :
J’en suis parfaitement conscient, bien sûr, mais attendre le dernier étage ! J’ai l’impression qu’il n’arrivera jamais !
Foutaises, fit le Grand Prêtre, bien sûr que si qu’il arrivera !
Mais c’est pas pour demain, reprit timidement l’astrologue. Il faudrait peut-être alors construire un observatoire provisoire, avec juste le strict nécessaire, les instruments seraient déménagés au dernier étage le jour venu, et le local pourrait être réutilisé par la suite, non ?
Je pense que nous savons tous ici ce qu’il advient du provisoire, répondit un philosophe. Nous avons tous en mémoire les baraquements supposés « provisoires » qui ont été construits à la va-vite autour de la Tour pour accueillir les ouvriers que nous avons fait venir des quatre coins du pays. Il était prévu de les reloger dès l’inauguration des premiers étages de la Tour, dans les premiers logements. Mais la publicité faite autour du projet et l’engouement qu’il a suscité ont provoqué une flambée des prix des logements dans la Tour, et les promesses initiales ont vite été oubliées, et les ouvriers sont dans leurs baraquements d’origine depuis trente ans, alors que ceux-ci n’ont été construits que pour durer dix ans. Alors imaginez un peu ce qui se passera lorsqu’on arrivera au dernier étage, les passions que va générer cet espace unique dans l’histoire de l’humanité ! S’il existe déjà un observatoire ailleurs dans la Tour, je crains que celui du dernier étage ne passe à la trappe.
Bien sûr, renchérit l’autre philosophe, mais n’est-ce pas là un argument pour, au contraire ? Je veux dire, quelles sont les chances pour que le projet de l’observatoire voie le jour au dernier étage ? Parce que ça discute déjà sec autour de ce mystérieux étage, et je pense que plusieurs d’entre nous en sont parfaitement conscients, pas vrai ? J’ai entendu parler d’une pétition qui circulerait dans le milieu religieux afin de faire une requête auprès du roi pour que le dernier étage soit u lieu de culte.
Il regarda le Grand Prêtre qui fixait distraitement les papyrus des ingénieurs. L’autre philosophe renchérit :
Je crois de toute façon que leur pétition n’ai aucun effet. J’ai quant à moi ouï dire que la cour du Roi fait pression sur ce dernier pour que ses appartements soient au sommet, et la Cour aurait les siens juste en dessous bien entendu.
Le chef de cabinet ne répondit pas à l’insinuation. Cela faisait longtemps que ces bruits et bien d’autres circulaient sur l’étage final. Tous les projets, même les plus saugrenus avaient déjà été évoqués au moins une fois : une table d’orientation pour pouvoir observer l’ensemble du royaume, un terrain de sport pour profiter d’une gravité plus faible, un lieu de méditation, une piscine, rien, des canons (pour la défense du royaume), tout semblait possible. Le seul projet qui ne revenait jamais, c’était l’observatoire que l’astrologue était le seul à revendiquer, « puisqu’on l’avait dit, on le fera, non ? » Le premier ingénieur brisa le silence :
Je ne suis pas sûr que ce soit la peine de se prendre autan la tête pour ce fameux « dernier étage ». Comme on est partis, on y est peut-être déjà !
Avant que le chef de cabinet qui avait bondi ne puisse répondre, l’architecte glissa :
Je crois qu’il vaut mieux s’en préoccuper très vite au contraire, parce que dans trois étages il n’y aura plus la place que pour des poteaux.
Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.
Faut pas déconner non plus !
Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [1]. C’est décevant.
C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.
Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.
Des informations [2] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [3] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.
On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
" J’aurai ta peau !"