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Le massacre des petits - part 1

les 37 de Villabondé

mardi 1er juin 2004, par Johnny

En remettant son rapport d’enquête sur le bureau du ministère de l’intérieur, l’INSEE ne pensait pas qu’elle déclencherait une telle vague d’investigation. Qui aurait pu penser qu’une simple étude sur l’évolution de la taille des Français allait ainsi défrayer la chronique au point de devenir la source de toutes les conversations, de tous les éditoriaux et de tous les procès des douze prochaines années ?


Monsieur Friberg est enquêteur à l’INSEE depuis 1984. Son père l’a introduit dans l’institution alors qu’il venait à peine de finir ses études de sociologie, et aussi bien ses résultats que ses compétences dans le domaine ont poussé ses recruteurs à lui donner un poste sans prétention : la délégation des archives pour l’étude de la croissance des Français. Chaque année, il doit fournir un rapport établissant, sur une échelle significative, les statistiques de l’évolution des tailles, classant les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, les enfants, les vieillards, les riches, les pauvres et les SDF. Son travail consiste à poser une série de questions qui, a priori, n’ont rien à voir les unes avec les autres. En fait, le seul objectif est d’en poser une seule : combien mesurez-vous ? Il reporte consciencieusement la taille qu’on lui annonce sur un logiciel spécialement conçu qui répertorie et classe les données. Jusqu’ici, le travail de Monsieur Friberg n’a jamais vraiment été convoité au sein de l’INSEE. Dans tous les bureaux, il y a des personnes comme lui qui téléphonent à longueur de journée pour connaître la distance quotidienne des Français parcourue à pied, le nombre de Français qui se rendent dans les bibliothèques municipales, le poids moyen (en kilogramme) de viande consommée par semaine et par foyer, et toutes sortes de renseignements collectés, archivés, classés et mis à la disposition (moyennant finance, bien sûr) des instituts de sondages.

La vie des "collecteurs d’informations" n’est pas toujours amusante. Parfois, on lui raccroche au nez. Ou alors on l’insulte, on s’autorise à déblatérer sur la lenteur de la poste, le service public qui se perd, les femmes passent souvent leur mari, demandent si pour les fenêtres, c’est à lui qu’on doit s’adresser, ou encore, c’est certainement le pire, les collecteurs tombent sur les neurasthéniques qui profitent du seul coup de fil de l’année pour parler de leurs mères, de leurs anciens amis, de leurs anciennes voitures... C’est ainsi qu’un jour, Monsieur Friberg est tombé sur une vieille dame qui mesurait 1,67 m (taille moyenne). Son "petit" était mort pendant la guerre, son "petit" n’avait pas eu de chance, son "petit" était tellement présent dans chacune de ses phrases que Monsieur Friberg, réflexe professionnel oblige, n’avait pas pu s’empêcher de lui demander : "Et combien mesurait-il, votre "petit" ?"

28 ans. 1, 56 m. Sur la courbe des moyennes de Monsieur Friberg, le "petit" était bien dans la catégorie des petits. Selon sa mère (la vieille dame interrogée), tous les "petits" qui fréquentaient l’école de son "petit" avaient passé une enfance douloureuse, moqués par leurs camarades, chahutés dans la cour de récré, désignés pour servir de portemanteaux. A travers ces enfances malmenées, la vieille racontait l’histoire d’un village tout entier, et le pauvre Monsieur Friberg devint, une fois de plus, le récipient dans lequel on verse trente-cinq années de silence et de remords. Voyant que l’auditoire venait à s’assoupir, la vieille interrompit sa désormais trop longue histoire, et le silence qui suivit aurait pu durer deux siècles de plus, ça n’aurait rien changé. Monsieur Friberg, sentant le malaise s’installer, relança une question : "Et que sont-ils devenus, tous ces petits ?"

Morts. Ils étaient tous morts. Pouvait-on mourir d’avoir été trop petit ? Y avait-il eu dans ce village l’extermination de tout ce qui mesurait moins d’1,60 m ? La réponse abrupte de la vieille ne pouvait pas rester sans explications, et Monsieur Friberg, malgré son irrésistible envie de raccrocher et d’aller boire un café, se prit au jeu du voyeurisme et posa les questions que la vieille attendait tant. Il apprit ainsi que tous les "petits" du village étaient morts pendant la deuxième guerre mondiale. Envoyés au front dans la première fournée, ils étaient revenus, ensemble, dans la première fournée de cercueil. Cet événement tragique avait mis en deuil le village tout entier, et il était de coutume à Villabondé de déposer des nains de jardin sur le monument aux morts.

Les derniers instants de la conversation devinrent incompréhensibles. La vieille, prise de sanglots-éternuants, se mit à cracher des sortes de phrases à trois mots contenant chacune le mot "petit". Monsieur Friberg, effrayé, profita de l’anonymat que lui garantissait sa fonction pour raccrocher aussi sec. En regardant bêtement le combiné, il se demanda s’il ne devait pas appeler les secours. Mais plus il réfléchissait, plus il se demandait si cette histoire de "petits" était fondée, et s’il pouvait, depuis son bureau, vérifier les dires de cette supposée hystérique. Ni une, ni deux, oubliant les problèmes de santé de la vieille, il appela directement la mairie de Villabondé. Ainsi, il put récolter le nom de tous les soldats morts dans la première période de la guerre. Avec ces quelques informations, il put déjà vérifier, grâce aux dates de décès, que trente-sept d’entre eux étaient supposés morts le même jour.

Il reprit son questionnaire, retirant tout ce qui concernait les batteries de cuisine et les derniers livres lus, et il ajouta quelques questions légèrement orientées. Après avoir trouvé les numéros de tous les noms qu’il avait récoltés, il engagea son enquête qu’il intitula : les "petits" de Villabondé. Au bout de deux conversations, il sut que tous les dires de la vieille allait se vérifier. Hervé (27 ans, 1,58 m) et Dominique (27 ans, 1,48 m) lui suffirent pour accepter de généraliser l’épidémie aux trente-sept noms de la liste. Tant pis pour la rigueur des statistiques, il fit une moyenne, des pourcentages, un tableau, et resta figé pendant plusieurs minutes devant ses résultats. Voilà qui contredisait toutes les études qu’il avait faites jusqu’ici. La courbe des moyennes ne représentait plus rien. Perdu dans ses pensées, Monsieur Friberg ne manqua pas d’entendre les dix-sept coups de l’horloge qui annonçaient également le week-end.

Il partit aussitôt.

    idiotie collective par Vonderwomane , Janvier 2004

    Oui, nous combattons mieux la salle de jeux céleste où se réunissent les lapins après avoir bien vécu sur terre, mais nous ne maîtrisons plus le titre d’un dessin animé dont la facture reste inégalée jusqu’à aujourd’hui, dont nous jouissons plus longtemps au sein d’Isabelle Carré, du sentiment exprimé par BRUNO et se matérialisant par un énorme coup de patte quand on fait une faute d’orthographe à son nom, de la prolifération des nains au pouvoir qu’engendre tous ces types qui dépassent quand je prends le métro.

    Pour notre raison de faire des dons à Phiip pour assurer notre survie dans ce monde hostile, nous fabriquons ce qui peut assurer notre destruction : essayer de prendre plus que nos 10% alloués généreusement.


    Pape race par Johnny , Août 2004

    Dieu, pourquoi l’as-tu abandonné ?

    Le cardinal Ratzinger, nouvelle voix impénétrable d’un pape endormi sur sa gloire, a déclaré, en France, que le "laïcisme acharné" était responsable du fondamentalisme religieux. Par analogie, l’Eglise catholique sera d’accord pour affirmer qu’un "légaliste acharné" est responsable des fondamentalistes du crime et que des "républicains acharnés" sont responsables des fondamentalistes de la dictature.

    Mea culpa.


    Suisside Social par Eric Num , Juin 2005

    SUISSE - A partir du 20.6.2005 la limite autorisée du taux d’alcoolémie de 0.5 pour mille sera relevée à son niveau précédent, à savoir 0.8 pour mille. En effet, une étude de l’EPF Zurich démontre que depuis l’introduction de la limite 0.5, le nombre d’accidents a sensiblement augmenté ceci particulièrement tard dans la nuit ainsi que les week-ends.

    Après examen approfondi des statistiques, il s’avère que la cause principale de cette augmentation réside dans l’accroissement du nombre d’hommes qui ne prennent plus le volant en état d’ébriété, préfèrant laisser ce dernier à leur femme...

    Note : Le Politburo des vérifications du Zine confirme la main sur le coeur que c’est faux.


    Plein gaz par jeannot , Juin 2005

    Thierry Breton, le ministre de l’Economie, avait annoncé il y a quelques mois une augmentation du gaz de 8%, elle ne sera finalement de 4%.

    De l’art de se faire à moitié baiser.



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