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le diable est une femme, les femmes c’est le diable

Iris et coquillages

mardi 15 juin 2004, par iggy

Comme le dit Juliette dans sa chanson l’éternel féminin, "le diable est une femme, les femmes c’est le diable".

Et elle en sait quelque chose, pour le moins. Je commenterai cette citation en m’aidant d’exemples personnels et néanmoins universels.

Jusqu’à la semaine dernière, je n’avais aucune opinion particulière sur cette citation qui n’éveillait aucun écho en moi [1]. Certainement pour me tirer de l’erreur où je me complaisais, mon professeur de littérature japonaise classique, que personne ayant les yeux en face des trous ne pourrait jamais soupçonner de pouvoir succomber à une quelconque engeance féminine, m’a filé la semaine dernière un texte apparemment anodin à préparer pour le partiel [2]. Je ne devais comprendre l’infernalité du texte que le lendemain, lorsque je me préparais à, ben, le préparer justement.


Pour que vous puissiez comprendre l’étendue de mon horreur, il n’est peut être pas inutile de vous remémorer une des particularités de la langue japonaise classique :
- les hommes et les femmes écrivent de façon radicalement différente.

La langue masculine est généralement très concise et truffée de caractères chinois. Ainsi, devant par exemple une phrase très simple de 7 caractères, il suffit de déchiffrer les caractères (30 minutes), puis de chercher dans un dico les 5 caractères que vous ne connaissez pas [3] (1 heure) puis vous cherchez dans un dico de littérature chinoise à quoi tout cela fait référence [4] (1h30). Après ce travail préliminaire, il ne vous reste plus qu’à remettre tous les éléments en place et à réussir à faire tenir tout ça dans une phrase vaguement correcte grammaticalement (1/2 heure), et vous retrouvez, après avoir maudit environ 347 fois tout ce que la nature a pu créer de bridé, des rênes des chevaux au scooter du fils de votre voisin, avec par exemple une phrase du genre :
- "la poésie de Bai Juyi est profonde comme l’océan, subtile comme l’embouchure d’un fleuve ; la prose de Wei des Jin est mystérieuse comme la danse des belles immortelles du mont Kôrai", ce qu’il faut comprendre "la soirée fut excellente, on s’est bourré la gueule toute la nuit en chantant des chansons scout".

On le voit, la prose masculine est limpide, claire et rationelle. Au contraire, la prose féminine est fourbe comme la vipère, insaisissable comme l’anguille, mouvante comme la fromage corse oublié au soleil. Elle ne comprend presque que des caractères phonétiques, et se repose sur une grammaire aussi absurde que, il faut bien le dire, casse-couilles. Ainsi, le même suffixe peut indiquer que l’on a envie de faire l’action qui précède, ou que l’action qui précède s’est passée dans le passé MAIS à un endroit où la locutrice n’était pas présente et ne peut donc certifier la véracité de la chose, ou, si une certaine particule est déjà apparue auparavant dans la phrase [5], le suffixe est alors l’élidation de tel autre suffixe qui indique que l’usage veut que l’action soit effectuée dans les plus brefs délais, à moins encore que celle qui a écrit n’ait fait une erreur en écrivant comme une chaffouine et qu’il s’agisse en fait du suffixe du "ça s’est passé, peut être, ou peut être pas, je suis pas sûre, en fait". Ou alors ça peut être un verbe, ou un nom, ou n’importe quoi.

Mais la malignité féminie ne s’arrête pas à son langage. Alors que les hommes parlent de sujets virils, comme, au hasard "Au palais de l’empereur, il y avait ce jour là (suite de noms de gars, plus leurs rangs). On s’est mis à faire un concours de poèmes (poèmes), puis le jury a délibéré [6], puis on s’est bourré la gueule en chantant des chansons paillardes, et après, c’est flou, je me souviens plus très bien", la femme aigrefine parle avec sournoiserie de sujets typiquement féminins, comme dans ce texte sur lequel je me suis arraché les cheveux depuis la semaine dernière.

Dans ce texte, une vestale à la con, comme toutes les vestales, s’emmerde et écrit [7] qu’elle a fait venir tout le monde la voir parce qu’elle s’ennuyait et qu’elle voulait aller voir la baie de machin, mais qu’elle avait pas envie de bouger son gros cul parce que nan, vous comprenez, vestale, machin, tout ça, donc toutes ses dames de compagnie ont dû se taper le trajet aller-retour pour chercher des coquillages et les lui rapporter. Ensuite, elle a une idée super :
- elle divise les gens en deux équipes, ils doivent aller prendre des coquillages et les lui rapporter, et l’équipe avec le coquillage le plus surprenant aura gagné [8].

Le jour dit, les gens se présentent devant elle. Et là, premier cauchemard : elle décrit les habits. Qui aurait pu deviner que qualifier innocement un habit de « iris » voulait en réalité signifier que c’était un « surplis de damas surbrodé de couleur vert pâle sur le côté et cyan sur le revers avec une traîne de brocard à la chinoise et motifs de vaguelettes » ? Certainement pas moi, innocent et pur que je l’étais. Après le premier jour passé à la bibliothèque uniquement sur ce mot, ma perception du monde enfin débarassée de tous les a priori néfastes dont j’étais encombré, je comprenais enfin que je n’étais que la dernière victime innocente d’une longue série de mâles dont la femelle serpentine s’était promis de pourrir la vie jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Car ce n’était que le commencement de mes tourments.

Après avoir achevé la description des habits de tous les participants (4 lignes, 5 jours, 47 tentatives de suicide), on en vient à la présentation des boîtes dans lesquelles lesdits participants présentent les coquillages à la vestale. Je passe sur les détails, mes cils sont encore coagulés par le sang que mes yeux ont versé pour venir à bout de ce passage. Car après la description, la vestale dit
- " hmmm, mais il n’y a là aucun coquillage plus particulièrement surprenant que les autres ! ".

N’y tenant plus, je me suis mis à engueuler ma photocopie, évidemment, connasse, tu les as déjà vus trois jours plus tôt, et puis de toute façon, ils sont tous allés au même endroit, comment veux tu qu’ils aient des coquillages différents les uns des autres, etc, etc.

Après m’être fait viré de la bibliothèque avec interdiction formelle d’y revenir sinon ils appelleront la police, je suis arrivé à la conclusion de ce texte merveilleux :
- alors, on demanda à la vestale ce qu’elle en pensait (des boîtes super belles et ouvragées sur lesquelles les participants ont passé des jours et des nuits à confectionner des paysages en matières rares et précieuses) pour désigner le vainqueur, mais elle se contenta [9] de les regarder en souriant, sans rien dire, jusqu’au lever du jour, sans désigner le vainqueur.

Le texte s’arrête ici. Il n’est en effet pas nécessaire à l’auteur, qui écrivait je suppose pour ses semblables, d’écrire la suite : au fond, on se fiche de savoir qui a gagné. L’important pour elle et ses lectrices est qu’elle a gâché la vie des participants, qui ont investit sang et eau (et pas mal de pognon à priori) dans le seul but de lui plaire, et qui se voient récompensés par rien, que dalle, même pas un mot, et en plus une nuit blanche où il ne sera question ni de poésie, ni de football, ni de biture. On voit dans cet exemple que la proverbiale perversité féminine est universelle, et ne connaît ni les frontières du temps ni celles de l’espace ; on fait face encore une fois ici à la fameuse démonstration mathématique :
- les femmes nécessitent du temps et de l’argent (femmes = temps x argent) ; or, on sait que le temps, c’est de l’argent (femmes = argent²) et que l’argent est à la racine du Mal (argent = racine carrée de Mal) donc (femmes = racine carrée de Mal²) donc femmes = Mal

En conclusion, on le voit, les femmes portent en germe la destruction de l’humanité et de toute trace de vie sur cette planète. Aussi, je demande que par mesure de précaution, elles soient immédiatement rassemblées, avec tout ce qu’elles ont pu écrire, dans un endroit où leurs immenses capacités de nuisance seraient circonscrites à leur immédiat environnement. Je réclame également qu’on leur interdise le droit de manger une glace devant moi quand il fait chaud, que je suis fatigué et que j’ai oublié mon portefeuille.

[1] à part si l’on incluait dans le groupe des femmes l’élément "les femmes japonaises", mais j’aurais trouvé ça infiniment grossier et manquant singulièrement de galanterie.

[2] de demain, by the way.

[3] Et pour cause, car une fois sur deux ce sont des caractères à la con qui ont cessé d’être utilisés en Chine au début du 6e siècle.

[4] Car chaque caractère fait bien sûr référence à une anecdote obscure de ces crétins de chinois et leur putain de 3000 ans d’histoire à l’époque.

[5] Qui peut faire 6 lignes bien denses si elle le veut.

[6] Délibérations, avec des arguments chocs et irrévocables comme "c’est un poème de printemps et pourtant il a évoqué l’ombre d’un saule ! C’est inadmissible !".

[7] A la troisième personne, alors que bon, c’est qu’une vestale, pour qui elle se prend.

[8] Quoi ? Rien, sans doute, c’est une fille qui organise, et la fille est mesquine, fourbe et radine ; nous l’allons montrer tout à l’heure

[9] Je rappelle qu’elle parle d’elle même, à la 3e personne.

    Tanya Donelly par Le SMN , Mars 2002

    Belly, LA claque de 92.

    Si vous ne connaissez pas "Star", ruez-vous dessus ou dites moi la date de votre anniversaire, que je vous l’offre, SBQM !
    Même si les meilleurs titres de Belly sont en face B de leurs singles ("Trust in me", "Sweet ride" ou "Dream on me"), "Star", c’est du tout bon.

    C’est toujours la même voix fragilement revenue de tout ("Life is but a dream").
    C’est plus vraiment les pop-song innocentes (un "The shadow" lugubre à souhait, un vrai bonheur !).
    C’est toujours aussi chair-de-poulesque ("The night you saved my life" ou "I’m keeping you").

    Son premier solo n’était, j’en suis le premier désolé, pas terrible (pourtant intitulé "Lovesongs for underdogs").
    Ses meilleurs titres étant (tradition bellyesques ?), les faces B .

    Là, vu la qualité du CD, je me demande ce que donneront les susdites faces B du/des singles....
    Faut surtout pas que je les loupe ;-)
    Ca promet d’être grandiose !!!


    (sans commentaires) par Phiip , Août 2003

    Jean Pierre Raffarin a été copieusement sifflé samedi au Stade de France lors de l’ouverture des Championnats du monde d’athlétisme.

    Héhéhéhé héhé héhé héhé héhé héhé héhé héhéhé héhéhé héhéhé héhéhé héhéhé héhé hé héhéhéhéhéhé héhéhé héhéhé héhé héhé héhé héhéhé héhé héhé héhé héhéhé héhéhé ...


    c’était pour ça... par Johnny , Août 2003

    Jean-Pierre Raffarin :

    - "Ma priorité absolue : la croissance, la croissance, la croissance !... Je suis trop petit."


    Siège éjectable par jeannot , Novembre 2003

    Irak : le siège de la coalition de nouveau attaqué.

    Comme quoi, quand on fout la merde, mieux vaut bien choisir son siège après.



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