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Confusion immobilière

chapitre 41 - Les Gendarmes aux Fonderies

mercredi 28 juillet 2004, par Phiip

Comme d’habitude, Paul s’était fait un gros plan d’enfer dans sa tête. Il savait exactement ce qu’il fallait qu’il dise en entrant dans les bureau des Fonderies, une dose de gentillesse, une dose de fermeté, et une très légère touche d’intox. Paul avait considéré comme impossible que le siège parisien du groupe se soit fatigué à prévenir une antenne locale à propos de la visite de la police. Il s’attendait à voir le type de personnage décrit par son suspect favori.

Comme d’habitude, Paul se planta sur toute la ligne.


A l’entrée des bureaux, personne. Le site était propre, mais vieux. La décoration datait des années 70, avec des touches de chaque décennie suivante : un mélange digne d’Emmaüs... Pas de bureau avec marqué "accueil" par exemple, rien ni personne. Paul s’enfonça dans un couloir jaune. Il passa devant un bureau où un type travaillait, visiblement très concentré. Paul tapa à la porte, et entra timidement. Le type leva des yeux interrogateurs, mais ne dit rien. Paul hésita à parler. Visiblement, l’autre n’était pas surpris de voir un total inconnu débarquer dans son bureau à l’improviste, et accessoirement, il n’en avait absolument rien à faire. Il sembla à Paul qu’il pourrait s’asseoir ici sur une chaise, que l’autre se remettrait à travailler sans lui parler. Drôle de sensation. Mais où je suis tombé moi, se demanda Paul...

Ils traversèrent ensemble la moitié de la friche pour arriver dans un autre bâtiment qui abritait lui aussi des bureaux. Un type se dirigeait vers eux, l’air engageant. Il fit à Paul un large sourire franc et honnête lui serra la main en prenant soin de l’écraser un petit peu, puis dit avec un fort accent du sud :
-  Alors qu’est-ce qui me vaut la visite de la police ? C’est à cause du cadavre, c’est ça ?
-  Hein, quoi ? Quel cadavre ? fit Paul, brusquement très inquiet.
-  Hahahaha, mais non, je plaisante, y’a pas de cadavre ici, va ! répondit le chef d’entreprise. Enfin pas depuis l’année dernière, poursuivit-il d’un air sombre.

Paul le regarda d’un air effaré :
-  Qu’est-ce qui s’est passé l’année dernière ?
-  Hahahahaha, reprit l’autre, toujours plus fort. T’es pas le plus vif de la bande, toi, hein ? Hahahaha, les cadavres... Tu sais, je suis ému, con, c’est la première fois que ma blague marche depuis cinq ans, et en plus c’est avec la police !

Bon, on peut oublier le plan A. Je ne suis pas près de l’impressionner avec une entrée en matière pareille... Quel con ce type avec ses histoires de cadavres, c’est pas possible... Vivement que cette histoire se finisse, ça m’use...
-  Je ne viens pas à propos de vos cadavres, j’ai juste quelques questions à vous poser à propos de votre usine.
-  Une usine, une usine, c’est vite dit, plutôt ce qu’il en reste... C’était une des plus importantes du groupe à une époque, vous savez ?
-  Oui, avant que vous ne décidiez de délocaliser, répondit Paul, sèchement.
-  Ah, ça... Les délocalisations, vous savez, ce sont des histoires d’actionnaires, pas d’industriels. Moi, si vous me demandez, évidemment que je vais rien délocaliser ! Qu’est-ce que vous voulez que je fasse comme boulot avec une usine chinoise, moi ? Tout est tellement plus simple quand on produit tout directement ici, sur le territoire... Qu’est-ce que vous voulez, c’est l’époque qui veut ça, vous avez de la chance à la police, on peut pas vous délocaliser !! Hahahahaha !!! Délocaliser la police !!
-  Je...

Délocaliser la police... Son boulot remplacé par un chinois... Plein de policiers chinois dans les rues, et lui dans une impasse à faire la manche... Mais si les policiers étaient ici, alors ce n’est pas de la délocalisation ? La délocalisation, ça serait si les enquêtes étaient confiées à des types habitants à plus de cinq mille kilomètres de distance !! Un concept ridicule... Quoi que de nos jours, il était difficile de dire jusqu’où la réalité était capable de repousser les limites du ridicule...

Et l’autre qui le regardait en souriant de toutes ses dents. Ce qui frappa soudainement Paul, c’est que visiblement, leurs idées étaient vraiment très convergentes, ils avaient suivi le même fil de pensée pendant près d’une minute. Tout en ayant complètement oublié l’objet de sa visite. Difficile de garder le cours de ses idées en face d’un individu aussi... espiègle ?
-  Alors la police, on va confier ses enquêtes aux chinois ? Hahahahaha ! Vous êtes trop, vous ! Bon, vous veniez parler de quoi sinon de cadavres ? C’est au sujet d’Amiralopolis, c’est ça ?
-  Je...

Etre systématiquement en retard d’un temps dans une conversation était déjà énervant en soi, mais si en plus on était venu dans une état d’esprit offensif, il était difficile de ne pas se sentir déstabilisé. Qu’est-ce que... que...

-  Le grand patron m’a envoyé un message comme quoi la police cherchait les liens entre Serge Amiral et les Fonderies, et que je ne devais rien vous dire ! Hahahaha ! Et hop, deux jours après, la police débarque ! Vous seriez pas dans la bande à De Funès par hasard ?! Les Gendarmes dans les Fonderies !! Hahahahaha !! Hahahaha !!! Hahahaha !!!
-  Ecoutez, ceci est très sérieux, cria Paul, j’ai effectivement des questions à vous poser, et je tiens à ce que vous y répondiez !!

L’industriel le regarda silencieusement, les lèvres pincées, les yeux pétillants. Il semblait faire un gros effort intérieur, mais pour quoi ? se demanda Paul.
-  Pfffffffffff hahahaha hahahahaha hahahahahaha !!!! Excusez-moi, je ne cherche pas à me moquer de vous, mais vous êtes vraiment trop drôle... Attendez, ça va aller mieux... Houlà, c’est pas facile... Faut que je pense à quelque chose de triste... La mort de De Funès ? Pfff HAHAHAHAHAHA !!!

C’est pas possible, pensa Paul, c’est un cauchemar...

    Où y a du collagène y a pas de plaisir par Bubble’s Talks , Septembre 2005

    Des informations [1] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [2] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.

    On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
    - " J’aurai ta peau !"


    Jean-Paul II, c’était une mauvaise blague. par Glaüx le Chouette , Avril 2005

    Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [3]. C’est décevant.

    C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.

    Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.


    Alleluia ! par Lapinzosky , Juin 2005

    Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.

    Faut pas déconner non plus !



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