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Le syndrome de Dusse

Chapitre 35 - L’échange

dimanche 28 novembre 2004, par Doc Guntherduck

Marie, toujours menottée, attendait dans la voiture où on l’avait installée le temps que tout cela se termine. Visiblement, tout le monde devait être trop occupé par cette prise d’otages pour songer à l’emmener croupir en prison. Tant mieux, elle n’était pas pressée d’arriver là-bas. Elle allait déjà probablement devoir y rester suffisamment longtemps.

Tout le monde s’affairait au dehors, mais Marie restait calme, dépitée, regardant ses pieds. Elle réfléchissait à sa vie, à la façon dont on peut, en à peine un instant, faire basculer une existence pleine de promesses en un cauchemar sans espoir de sortie. D’Eryck ouvrit la portière, la tirant brusquement de ses pensées.


- Mademoiselle Darbois, nous allons avoir besoin de vous. Gomez est prêt à relâcher des otages. Mais en contrepartie, il exige de vous voir. C’est un gros risque pour vous, et strictement rien ne vous oblige à y aller... Mais songez que si vous nous aidez, nous pourrions consentir à un effort important...
- Un effort ?
- Oui... Je pense que vous seriez ravie d’écourter votre séjour en prison, non ?
- Oui. Bien sûr. C’est d’accord.
- Je suis ravie que vous voyiez les choses comme ça. C’est très bien.
- De toutes manières, je veux y aller. Je ne le fais pas pour vous et pas pour la prison.
- Pour les gens ? Pour que tout cela finisse bien ?
- Non. Moi aussi, il faut que je lui parle. J’ai besoin de comprendre.
- De comprendre quoi ?
- Pourquoi. Pourquoi est-ce que cette histoire se termine comme ça. Et comment on a pu laisser les choses en arriver à ce point.
- Je vois. Après tout, vos motivations, je m’en fous. L’essentiel c’est que vous soyez prête à y aller... Vous êtes sûre ?
- Totalement sûre.

D’Eryck la prit par l’épaule et retourna vers le fourgon. Il fit signe à Firmin de lui donner le téléphone.
- Gomez ? Elle est d’accord. Je vous l’envoie, mais je veux trois otages.
- Trois ? Vous plaisantez ?
- Vous retenez une trentaine de personnes. Vous pouvez bien en relâcher trois, non ?

Un silence s’installa dans le combiné. Après de longues secondes, Raymond grogna un « Ok » bref et agressif.
- Très bien. Vous êtes raisonnable. Dans dix minutes, je veux que vous les fassiez sortir de l’immeuble. Nous vous enverrons Mademoiselle Darbois en même temps.
- Pas d’embrouille, hein ? Si vous ne me l’envoyez pas, il va y avoir du sang.

Raymond raccrocha et se tourna vers Fulgence.
- On en relâche trois. Maintenant il faut choisir.
- Moi, s’il vous plaît ! gémit de Garville. J’ai une famille. Par pitié pour mes enfants !
- Tous les gens qui sont là-dedans ont une famille. Vous, vous êtes bien le dernier que je ferais sortir. Fulgence, surveille-le.

Dix minutes plus tard, trois chanceux étaient choisis. Une stagiaire de dix-sept ans qui n’avait pas cessé une seconde de pleurer depuis le début de la prise d’otage et était au bord de l’hystérie, un cadre obèse qui faisait de l’hyper-ventilation et semblait à deux doigts du malaise, et Sophie, la secrétaire. Elle avait toujours été correcte avec Raymond, elle n’avait jamais été hypocrite et l’avait respecté. Pour cela, il la laissait partir.

Il avait hésité à laisser partir Michel Fressac aussi, qui l’avait soutenu à la mort de sa mère. Mais il ne voulait pas libérer quatre otages et les deux autres allaient vraiment mal. L’échange se passa bien, les otages sortirent de l’immeuble, hébétés, et furent accueillis immédiatement par les forces de police qui coururent pour les mettre à couvert, tandis que Marie pénétrait dans le bâtiment avec inquiétude et montait à l’étage. Là, elle se trouva nez à nez avec Fulgence et Raymond, pistolets pointés droit sur elle. Voyant que ce n’était pas la police, rassurés, il baissèrent leurs armes.

- Marie, ça va ? demanda Raymond. Ils t’ont bien traitée, au moins ?
- Moi ça va. Mais vous, qu’est ce que vous faites ? Vous êtes devenus cinglés ?
- Ne t’inquiète pas. Tout cela va bien finir. Ils vont nous donner notre avion, et bientôt nous serons tous les trois loin d’ici.
- Arrête de dire n’importe quoi ! Ils n’ont jamais eu l’intention de céder. On ne cède jamais. Tu ne regardes jamais la télé ? Les preneurs d’otages finissent toujours par être abattus ! Et tu crois vraiment qu’ils m’auraient laissé venir ici, si c’était pour que je m’enfuie à l’autre bout du monde avec vous ?

Raymond s’assit par terre, se prenant la tête entre les mains.

- Peut-être. De toute façon, je m’en fous. Ma vie ne vaut pas le coup. Personne ne m’aime.
- Mais non... Il y a Cécile... Elle se réveillera peut-être...
- Elle s’est réveillée. Je lui ai parlé au téléphone.
- Quoi ? Mais c’est génial, Raymond !
- Elle a dit que j’étais un malade et qu’elle ne voulait plus me voir. Personne ne m’aime, je te dis.
- Oh... Mais non, Raymond, ne prends pas les choses comme ça. Je t’assure, tu es un garçon très bien.
- Ouais, bien sûr. En attendant, il faut que je prenne une société en otage pour qu’on me le dise finalement. C’est n’importe quoi. Je ne vaux pas un clou.
- Mais... Raymond... Ecoute-moi. Ces derniers jours, et surtout depuis que nous sommes revenus à Paris, j’ai découvert un garçon sensible, très gentil. Cette prise d’otages, ce n’est pas toi. Tu n’es pas un vrai méchant.
- Mais qu’est ce que je suis, hein ? A part un pauvre con qui ressemble à Jean-Claude Dusse, qui perd ses cheveux, petit, quadragénaire et sans vie amoureuse ? Personne ne voudrait de moi.
- Si. Bien sûr que si.
- Ah oui ? Qui ça ?

Marie prit la main de Raymond et lui sourit.
- Peut-être moi...

Raymond, figé, la regarda avec un air de panique, comme à chaque fois qu’il était face à une femme. Son blocage habituel revint et il ne put que faire une grimace idiote.

Fulgence, lui, observait la scène avec intérêt. Avec un intérêt tellement grand qu’il en oubliait même de prendre garde à ce que faisait de Garville. Cela n’échappa pas à l’intéressé, qui se jeta sur lui, tentant de lui prendre son arme. Un coup de feu accidentel partit, retentissant jusque dans la cour. De Garville fut vite maîtrisé et la balle finit dans le plafond. Mais le mal était fait : La panique s’était installée chez les policiers.

    Où y a du collagène y a pas de plaisir par Bubble’s Talks , Septembre 2005

    Des informations [1] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [2] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.

    On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
    - " J’aurai ta peau !"


    Jean-Paul II, c’était une mauvaise blague. par Glaüx le Chouette , Avril 2005

    Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [3]. C’est décevant.

    C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.

    Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.


    Alleluia ! par Lapinzosky , Juin 2005

    Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.

    Faut pas déconner non plus !



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