Le Nouveau Testament
le plus fort de tous les dieux
jeudi 28 avril 2005, par
Jésus répondit par la négative et en retour Simon le regarda d’un air entendu qui signifiait « comme je vous comprends, toutes des chieuses, rien ne vaut les hommes, je suis d’accord ». Puis il recommença à expliquer à quel point il était fatigué, et quelle longue journée il avait eu, et que putain, il est haut le Golgotha, cette montée est un vrai calvaire, d’ailleurs vous savez qu’en fait Golgotha signifie littéralement « le lieu du crâne », et que ça fait Calvaire en romain ? Comme la question lui était très expressément adressé et que son interlocuteur attendait avec insistance une réponse claire, Jésus répondit d’une voix lasse que non, il ne savait pas, mais que maintenant, oui, il saurait.
Simon renchérit qu’il n’y avait pas de moment pour apprendre, que la vraie culture ne s’apprenait pas dans les écoles, mais sur le tas, et que les enfants comprendraient certainement beaucoup mieux la signification d’un mot comme par exemple Golgotha si on leur faisait par exemple porter une croix jusqu’en haut, ha oui ça ça serait formateur, et puis Simon expliqua comment dans sa jeunesse son papa l’avait amené voir les crucifiés ici , et que c’était pas beau à voir, ha non monsieur, vraiment pas beau, en plus il y en avait qui étaient déjà morts, et puis son papa lui avait expliqué la signification de Golgotha, et que du coup maintenant il s’en souvenait vachement bien, comme quoi rien ne vaut l’enseignement pratique. Simon fit une courte pause pour reprendre sa respiration, puis il se dit tout haut que c’était dommage de ne pas emmener des enfants voir l’exécution, parce qu’on aurait alors pu leur expliquer l’origine du mot « Golgotha » que trop de gens ignorent, mais que d’un autre côté, c’était probablement pas un exemple pour les enfants tous ces bandits et ces voleurs sur des croix à jurer et se lamenter... Simon regarda Jésus, puis il regarda le mont Golgotha en haut, puis ses chaussures et marmonna une phrase incompréhensible où se détachait le mot « exemple ». Jésus regarda le ciel et continua sans mot dire.
Simon parvint à garder le silence trois bonnes minutes que Jésus savoura pleinement, puis il reprit la parole prétextant une écharde dans son épaule, épaule qui d’ailleurs était toute endolorie, et que monsieur Jésus avait bien raison à propos de ce qu’il avait dit tout à l’heure du travail de cochon. Puis Simon dit en désignant les deux larrons qui suivaient péniblement derrière :
C’est marrant, mais vous ne ressemblez pas vraiment à vos collègues. Je veux dire, ils ont une vraie tête de truand, alors que vous, on vous donnerait le bon Dieu sans confession, si vous voyez ce que je veux dire. Ce que je veux dire, c’est que je comprends pas pourquoi vous êtes condamné, vous avez une bonne tête.
Jésus soupira. Pour éviter une longue tirade sur l’allure respective des coupables et des innocents, il se résigna à expliquer son cas à Simon. Mais les mots lui venaient moins facilement que d’habitude, il se sentait très fatigué.
Vois-tu Simon, Dieu nous a enseigné à ne pas juger les gens sur leur apparence, parce que...
Dieu ? l’interrompit Simon. Quel Dieu, Jupiter ?

Jésus stoppa sur place un instant, puis repartit d’une démarche hésitante. Il se sentait si fatigué, il ne se vit pas expliquer à ce plébéien le coup du Dieu unique, et se résolu par facilité (« après tout, j’en ai quand même largement assez chié pour aujourd’hui, et en plus c’est pas fini ») à répondre :
Oui, c’est ça, Jupiter si on veut. Il a dit que les apparences sont trompeuses...
Il a dit ça ? C’est marrant, j’en avait jamais entendu parler. Et pourtant Jupiter, c’est mon dieu favori, je sais tout sur lui. Franchement j’irais même jusqu’à dire que s’il ne devait restait qu’un dieu, autant que ce soit lui, je dirais. D’ailleurs c’est marrant qu’on parle de ça, parce qu’en ce moment, à Jérusalem, y’a un type salement atteint qui raconte partout qu’il n’existe qu’un seul dieu, genre comme s’il n’y avait que Jupiter tu vois ? Remarque, ça me gène pas vraiment si c’est Jupiter qui reste, c’est le plus balèze de tous. Tant que c’est pas l’autre tapette de Mercure là avec ses fleurs et ses ailes aux pieds, ou une gonzesse, ça va. Enfin de toute façon, on est loin de tout ça. Je te jure monsieur Jésus, ce qu’il ne faut pas entendre ! Un seul dieu ! Et qui ferait tout tout seul, la guerre, le tonnerre, porter les courriers, boire, être joli et tout !
Des informations [1] font état de l’utilisation, en Chine, de la peau de condamnés à mort pour en extraire le collagène [2] revendu à des fabriquants de cosmétiques Européens.
On saisit bien, là bas, l’accuité de la menace que fait planer un enquêteur sur la tête d’un accusé en lui déclarant :
" J’aurai ta peau !"
Mickael la seule star qui ressemble à un personnage de bande dessinée est liiiiibre !!! Le petit salopio qui a voulu envoyer bambi en prison est baisé sur toute la ligne. Il y a quand même une justice.
Faut pas déconner non plus !
Et voilà, il est mort depuis plus d’un jour, et sur sa mort, aucune brève. Sa mort n’est même pas intéressante. Tout ce qu’on peut dire, c’est "ben oui". "Voilà". Ou bien "il avait l’âge de faire un mort" [3]. C’est décevant.
C’est un peu comme les blagues ratées, celles où on dévoile la chute dès l’amorce. C’est prévisible et ça ne fait rire personne.
Ce Jean-Paul, quel rabat-joie, et jusqu’au bout, dis-donc.