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Nouvelle

Le Clown

lundi 26 décembre 2005, par Thomas Desmond

Serge gara sa coccinelle rose devant la maison de retraite et sortit son attirail du coffre. Nez rouge en forme de patate, fausse moustache à la portugaise, perruque poil-de-carotte style Yvette Horner, oreilles d’âne en caoutchouc, et le plus important : sa panoplie de clown bariolée de mille couleurs criardes. Il remonta ses bretelles, prit son petit accordéon en plastique et se dirigea d’une démarche chaloupée vers l’accueil.

Dans la loge, la secrétaire lui tendit une liste.


- Merci bien, ma p’tite dame ! Et c’est parti pour la rigolade ! s’écria-t-il en s’élançant dans le couloir recouvert de lino vert pâle, tout en lâchant une ribambelle de pets sonores ;

Il pénétra dans la salle de séjour, où une quinzaine de résidents étaient éparpillés. Il y en avait cinq ou six de légumisés devant la télé, la langue pendante devant une démonstration de téléachat, où une sosie de Lova Moor exhibait son corps bronzé et parsemé de petites électrodes. Un troupeau de harpies - improbables fans de Billy Idol teintes en violet - était stationné contre la baie-vitrée, tel un rassemblement de tuners diurnes, juchés avec arrogance sur leurs fauteuils roulants customisés et flambant neufs, les jantes lustrées et les chromes luisants, prêts à taper un burn sur le carrelage serpilléré de frais.

Il y avait aussi quatre joueurs de belote, pris dans une partie éternelle dont le total de points à atteindre pour remporter la partie était de 100000 ! Inutile de préciser que les quatre protagonistes avaient perdu le compte depuis longtemps...
Serge passa devant tout ce petit monde en effectuant deux cabrioles, qui ne suscitèrent point les acclamations escomptées. Vexé, il se dirigea vers les téléspectateurs et se posta entre eux et leur poste. Les protestations éclatèrent.

- Dégage donc de là, petit vaurien ! cria un des vieillards en brandissant farouchement sa canne. C’est un boche ! C’est un boche j’vous dis, donnez-moi une grenade ! C’est un salaud d’boche !

Ses voisins s’étaient levés (tant bien que mal) pour le calmer.

- C’est juste un clown, Isidore ! C’est pas un boche ! le rassura-t-on. Calme-toi, sinon ils vont te faire la piqûre !...

Dans le tumulte, Serge s’éclipsa et partit en direction des chambres. Il jeta un coup d’œil à sa liste et mémorisa le numéro des chambres qu’il devait visiter. Dans le couloir sans fenêtres, il croisa Mme Claude, une petite vieille qui passait son temps à astiquer les murs à coups de langue. En apercevant le clown, elle poussa un cri strident et se réfugia dans sa chambre, dont elle verrouilla l’accès. Serge observa la scène d’un œil distrait. Il avait l’habitude avec les anciens clients. Certains se rappelaient de ce qui s’était passé et ne lui faisaient plus confiance. Il fallait parfois envoyer un collègue ou bien avoir recours à de la drogue.

Il s’arrêta devant la chambre 32. La première de sa liste. Il frappa deux petits coups secs.

- Entrez... répondit une petite voix chevrotante.

Il donna un violent coup de pied dans le battant qui alla frapper le mur avec fracas. Parfois, cela suffisait à les faire se retourner dans leur slip.

- Bonjour, Mme Simonet ! tonna-t-il en faisant de grands gestes. Il est l’heure de se réveiller !
- Oh ! un clown ! balbutia la vieille femme allongée dans son lit. Comme c’est amusant !

Serge se posta face à elle et commença son numéro : jonglage de balles en formes de crottes de chien, qu’il réceptionnait sur son nez rouge, grimaces simiesques, cabrioles, sketchs désopilants, chansons paillardes accompagnées de son petit accordéon portatif, claquettes endiablées, concert de pets tonitruants mais inodores, imitations de personnalités du XXème siècle... Au bout de quinze minutes d’efforts qui lui avaient valu une sacrée suée, il parvint à ses fins

Mme Simonet, toujours allongée dans son lit, avait succombé. Pour tout dire, elle était morte de rire.

Serge se passa un coup de gant au lavabo de la défunte et sortit de la chambre. Il raya le nom de la feuille et se dirigea vers la chambre suivante.

Trois heures plus tard, exténué, courbaturé et ruisselant de transpiration, il repassa devant la loge de la secrétaire et lui rendit la liste, qu’elle déchiffra avec intérêt.

- Six sur huit ! C’est pas mal du tout ! C’est mieux que la dernière fois, si je me rappelle bien ! dit-elle.
- C’est vrai... (il déglutit)... La dernière fois... Je m’en étais fait que quatre sur neuf si ma mémoire est bonne !... Y en a des coriaces, vous savez !

Elle sourit et ouvrit un tiroir.

- Enfin bon ! Six chambres de libre, on ne pouvait vous demander mieux ! Voici votre chèque. À très bientôt, j’espère ?

Lire "Le clown" sur le site de l’auteur.

    Plein gaz par jeannot , Juin 2005

    Thierry Breton, le ministre de l’Economie, avait annoncé il y a quelques mois une augmentation du gaz de 8%, elle ne sera finalement de 4%.

    De l’art de se faire à moitié baiser.


    idiotie collective par Vonderwomane , Janvier 2004

    Oui, nous combattons mieux la salle de jeux céleste où se réunissent les lapins après avoir bien vécu sur terre, mais nous ne maîtrisons plus le titre d’un dessin animé dont la facture reste inégalée jusqu’à aujourd’hui, dont nous jouissons plus longtemps au sein d’Isabelle Carré, du sentiment exprimé par BRUNO et se matérialisant par un énorme coup de patte quand on fait une faute d’orthographe à son nom, de la prolifération des nains au pouvoir qu’engendre tous ces types qui dépassent quand je prends le métro.

    Pour notre raison de faire des dons à Phiip pour assurer notre survie dans ce monde hostile, nous fabriquons ce qui peut assurer notre destruction : essayer de prendre plus que nos 10% alloués généreusement.


    Made in anti-France par Bubble’s Talks , Juillet 2005

    A chaque importante saisie de contrefaçons de produits Français de luxe, la presse est convoquée pour assister à leur écrasement au rouleau compresseur.

    Hé, dix fois moins cher et dix fois plus solide si c’est pas de la concurrence déloyale ça !


    L’oiseau blessé d’une flèche par jeannot , Janvier 2004

    Mortellement atteint d’une flêche empennée,
    Un oiseau déplorait sa triste destinée,

    Et disait, en souffrant un surcroît de douleur : — ...Aaaaargh.

    Faut dire, que voulez-vous qu’il dise d’autre, aussi, le piaf ?!



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