Les JO de la connerie !
Thème 1 - Texte 12
dimanche 16 octobre 2005, par ,
Tout avait si bien commencé, lorsque les membres du CIO sont arrivés sur le complexe olympique de Bagdad.
Il se situait dans la partie neuve de la ville, reconstruite complètement après l’attentat nucléaire de septembre 2010. Le complexe jouxtait la grande mosquée, financée par le groupe Mc Donald. La discussion avait été âpre pour que le sponsor renonce à apposer le logo Mc Do lumineux au sommet du minaret, comme prévu au départ. En échange les religieux avaient accepté que Ronald Mc Donald soit chargé de l’animation des enfants à l’école coranique.
A peine sortis de l’hélicoptère, les représentants du CIO me firent part de leur perplexité à l’idée d’organiser les jeux 2024 à Bagdad. Je leur exposai mes arguments. D’abord la position centrale de Bagdad au moyen-orient, entre les pays amis de l’occident depuis longtemps comme la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Koweït, et ses nouveaux amis où les Etats-Unis avaient imposé la démocratie, juste après l’Irak : l’Iran, la Syrie, la Libye. Maintenant, ajoutai-je, le nombre d’attentats en Irak avait considérablement diminué, à peine une vingtaine cette année, et nous étions déjà en mars. Surtout, j’allais leur démontrer que le site olympique était complètement sécurisé.
Je leur indiquai la tour de béton avec la verrière au dessus, qui était le PC sécurité. De là, tout était étroitement surveillé. Si l’hélicoptère qui les avait amenés n’avait pas été autorisé, l’alerte aurait été donnée et les missiles cachés dans les pubs Coca Cola autour du stade l’auraient immédiatement abattu. Je leur exposai les grandes lignes des techniques de défenses du site. Concernant les spectateurs, nous avions repris l’idée adoptée par les stades européens pour éviter la violence, après le coup d’Etat de l’Empereur Nicolas 1er en France : aucun spectateur ne pénétrait sur le site où se trouvent les athlètes. Ils étaient dirigés vers des salles équipées d’écrans géants qui retransmettaient les épreuves.
Les spectateurs entraient un par un dans la salle en passant par un sas où on les faisait se déshabiller, on les revêtait d’une combinaison normalisée et on les attachait au fauteuil. En cas d’agitation ou d’incident, il est possible d’envoyer des décharges électriques dans les fauteuils des perturbateurs. Ici, dans l’Irak démocratique ami des USA, nous pouvons même envoyer un haut voltage similaire à celui de la chaise électrique, en vertu du patriot act II qui légalise pour raison d’Etat l’exécution des terroristes avant leur procès.
Tout avait été prévu avec soin et discrétion. La piscine olympique avait été construite récemment, et son architecture avait été étudiée de près par un homme loufoque, mais très efficace. Elle semblait tout à fait normale à toute personne étrangère au projet. Or, si l’urgence devait survenir, le fond s’ouvrirait alors, et un sous marin de style moderne (avec discothèque, salon de thé, salle de sport, cinéma etc.), se chargerait de tout... Plusieurs des hommes du CIO, semblait emballer à l’idée de faire parti de l’équipage, mais celui-ci avait déjà été recruté, et aucun changement ne serait admis. Ils avaient subi un entraînement plutôt poussé, dont nous tairons la méthode empruntée.
Des hommes seraient également postés sur tous les toits. Ils avaient été entraînés au saut à l’élastique, rasant le bitume de près, afin d’être opérationnels le plus rapidement possible. On entendait go, go, go, à peine le temps de s’attacher, qu’ils étaient déjà en bas, prêts à risquer leur vie pour que ces jeux olympiques appartiennent à l’histoire. Des hommes mangeaient des barbes à papa, dans lesquels étaient cachés de petits espions qui balayaient le terrain. Dans leurs poches, personne ne pouvait se douter, qu’il cachait une mallette. La technologie de la nouvelle ère. Une secousse brusque regonflait le tout, et là une mitraille ultra performante pouvait cracher un véritable venin.
On avait également pensé que l’intrusion pouvait survenir des bouches d’égoûts. Mais bien entendu, des spécialistes avaient trouvé une solution : un élevage de rats avait été mis en place depuis plusieurs mois. On les lâcherait le moment venu. Certains, qui étaient considérés comme meneurs, étaient pourvus d’un petit émetteur avec lequel on pouvait les diriger, et les commander à distance. On pouvait les rendre agressifs ou doux comme des agneaux, suivant le cas.
Les membres du CIO avaient l’air convaincus par leur visite et, en remontant dans leur hélicoptère, ils m’assurèrent de leur impression très favorable. Tout en suivant des yeux l’appareil qui s’élevait au dessus du complexe, je jubilais. C’est alors que j’entendis le pilote irakien crier : Allahou Akbar ! avant de se précipiter sur le PC sécurité où il explosa, détruisant le centre névralgique de contrôle dans une gerbe de flammes.
Finalement, les JO à Bagdad, ce ne serait pas encore pour 2024...
11/09. Je me lève très très tard. Et pourtant, on me dit autour de moi qu’il est très très tôt. Ah, le décalage horaire. Comme disait ma grand-mère :
- Il nous touera tous !
Trois vitamines, douze cafés, je pars. Le voyage se passe bien. Je pilote normalement. D’un seul coup, le co-pilote me lance :
- Attention. Tours jumelles à 9h00.
Alors je vire de l’autre côté. Boum.
Ah, le décalage horaire...
Et Israël relance encore le processus de paix. Oh la la, Michel, on dirait que la Palestine rejette encore tout principe de négociation.
Tout à fait. Je crois bien que l’arbitre français est bien malmené depuis que les territoires occupés se sont qualifiés pour le G8. Ah, sans le dopage des relations internationales à l’ONU, aucune chance que les Etats Unis rattrappent du terrain. J’ai même entendu dire qu’ils allaient déclarer forfait.
Ce serait une triste nouvelle pour la diplomatie internationale car, sans les Etats Unis, on peut le dire, le jeu n’en vaut pas la chandelle, si je puis me permettre cette expression.
Oh, mais je vois un kamikaze qui s’avance dans le camp adverse. Mais, je crois bien que c’est un japonais ! Quel retournement de situation ! Nous qui croyions que les japonais étaient du côté israëlien, les voilà qui poignardent l’ami dans le dos. Moi, je vous le dis, il ne fait pas bon vivre ici, au championnat du monde de diplomatie. Un peu de fair-play, Messieurs.
Chapitre 1 : Tout est bien qui ne commence pas
Au commencement était la fin.
Sa majesté Galouzeau de Villepin : « Il faut simplifier tout ça ! On n’a pas besoin de deux avions ! Divisons les dépenses ! »
Oué !
On a pas besoin de deux premiers ministres, non plus.