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Spécial Pentecôte 2005

Le Spécial Pentecôte est pour nous l’occasion de faire un numéro super spécial, sur la Pentecôte.

Le Spécial Pentecôte est pour nous l’occasion de faire un numéro super spécial, sur la Pentecôte. C’est mieux dit deux fois. Nous on trouve. Surtout quand on trouve.

Parce qu’on est pas content, genre qu’on nous a enlevé un jour de vacances, genre que le gouvernement exagère et qu’on va voter NON, genre, t’ois ?

Ça va chier grave.

Avec une chronique de la rédaction genre la rédaction quand elle rédactionne ça rigole pas.


    Remerciements
    L’UMP remercie les travailleurs n’ayant pas chômé ce lundi de pentecôte d’avoir participé à cet acte généreux de solidarité en faveur des personnes âgées et dépendantes. Car comme disait Nicolas S. à Jacques C. : "Tu comprends, si on perd 15 000 électeurs chaque année, je passer... euh... tu repasseras jamais en 2007"
    Bubble’s Talks

    variation sur la Pentecôte
    pentecôte
    kouin

Métro, Boulot, Dodo

Presque deux ans après l’horrible canicule qui a assassiné quinze mille personnes âgées en quinze jours, le Collectif Anti Jours Fériés (le CAJF), apparu sur la scène nationale en plein mois d’août 2003, a encore sauvagement frappé le peuple Français ! Tout le monde se souvient de cet été atroce où les vieux parisiens furent abandonnés par leurs familles et congelés à Rungis en attendant que les héritiers se manifestent. Le Président de la République avait même fait un déplacement remarqué à l’enterrement de ces pauvres victimes de la solitude qu’on appelle encore aujourd’hui les "caniculés". Même le ministre de la santé avait failli y laisser son portefeuille tellement le coeur des Français avait été frappé par cette immorale ascension de malheur dans une période traditionnellement heureuse.

L’enquête, ouverte quelques jours après, avait révélé une réelle défaillance des services de santé. La solidarité devait à nouveau se manifester si les citoyens souhaitaient sauver leurs aïeux et ceux de leurs voisins. Le gouvernement décida, dans sa grande clémence, de sacrifier le lundi de Pentecôte pour remplir ses innombrables caisses percées, et les travailleurs, qui n’ont soi disant jamais le temps d’aller voir mamie parce qu’ils ont une réunion ou un colloque en province, subirent les revers de cette mesure inégale et arbitraire en se retrouvant au coeur d’une nouvelle polémique politico-sociale : doit-on préférer les acquis sociaux au maintien en vie des rescapés du pré-baby-boom ? Une nouvelle fois, les plus syndiqués de France tiendront le haut du pavé, et la mesure censée rapporter deux milliards d’euros va coûter plus cher qu’une vie complète de fonctionnaire de l’Etat, qui aura été maire, ministre et enfin Président de la République.

Qui a encore tout raflé dans cette histoire ? Le MEDEF ? Le gouvernement ? La CGT ? Les boulangers, traditionnellement fermés le lundi ?

Non. Ni les uns, ni les autres. Le grand gagnant est un groupuscule médiatique aux aspirations terroristes : le CAJF.

Une fuite savamment orchestrée vient de nous parvenir, et nous en savons enfin un peu plus. Les poussées de chaleur de l’été 2003 n’étaient pas naturelles. De nombreux chauffages ont été étrangement allumés dans les quartiers où les vieillards se réunissent pour mourir. On a même découvert que des robinets d’eau froide ne versaient plus que de l’eau chaude. Inutile de chercher plus loin : la canicule était provoquée, et le responsable a été mentionné à plusieurs reprises dans trois rapports secrets du ministère de l’intérieur.

Le collectif ne s’arrêtera pas là. Il a bien décidé de mettre fin à la plupart des jours fériés, et il semble que l’année 2005 (l’année où le 1er, le 8 mai et le 25 décembre tombent un dimanche) soit bel et bien choisie pour porter un coup de grâce significatif au calendrier des jours chômés.

La campagne électorale pour le référendum du 29 mai ne les épargnera pas. L’Allemagne vient d’adopter la constitution par voie parlementaire. Si demain, le "oui" l’emporte en France, pourrons-nous encore fêter le 8 mai et le 11 novembre alors que les ennemis d’hier sont les frères d’aujourd’hui ?

Certainement pas. Et ce n’est pas fini !

L’année 2005, c’est aussi une série de commémorations pour le centenaire de la loi de 1905. Combien demandent, au nom de la laïcité, que le vendredi saint Alsacien soit abrogé ? Sans compter Noël, le 15 août et l’obscure ascension du Christ ! Un pape et un prince de la côte d’Azur meurent tour à tour le lendemain de Paques ! La Chine progresse tellement que bientôt, son nouvel an sera mieux fêté que le nôtre. Il ne restera plus que le 1er mai dont les militants du FN se sont déjà emparés pour donner au dernier jour férié un arrière-goût de 21 avril.

C’est la fin. Les prévisions sont formelles : dès 2006, il n’y aura plus aucun jour férié, et certains courants d’informations nous révèlent déjà que le CAJF s’intéresse aux lundis des coiffeurs et des boulangeries, aux dimanches des services publics et aux congés de ces feignants de profs.

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métro, boulot et dodo

Sur les frontons des établissements publics, nous devrons bientôt y inscrire une nouvelle devise :
- "Métro, Boulot, Dodo".

Et ferme ta gueule pour le reste !


dans le gaz

Ce matin, alors que je me décollais les yeux au White Spirit comme d’habitude, une pensée m’assaillit. Puis je me mis à hurler, comme tous les matins, et puis je me souvins brusquement que j’avais eu une pensée quelques instant plus tôt, puis tout devint flou, et je m’évanouis.

Revenant à moi entre la cuvette des toilettes et la baignoire, je pensai inexplicablement au gouvernement. Mais pourquoi ? Ma retraite diminuée ? Non, si je continue à faire joujou avec le White Spirit comme ça, il n’y a aucune chance que je l’atteigne un jour. Mon salaire diminué ? Rien que l’afflux de mes droits d’auteurs le compense aisément. Alors quoi ? Je fronçai les sourcils, plissai le front, sorti la langue en me pinçant doucement la lèvre supérieure, hurlai sous le coup de la douleur, léchai prestement mon sang et m’évanouis à nouveau.

Comme j’étais déjà couché, je gagnai du temps. Aujourd’hui était spécial, mais pourquoi ? Quel rapport avec le gouvernement ? J’arrivai très vite à la conclusion : je ne m’en souvenais pas. Damn, pensai-je. Et si la réponse était là ?

Un gaz neurologique supposé inhiber nos fonctions mémorielles, c’était la seule explication pour ce qui m’arrivait. Le gouvernement nous drogue, c’est un complot ! Et je dois probablement écrire un article là-dessus, j’ai dû bêtement m’y engager dans un accès d’éthylis... d’enthousiasme dans ce forum machin, là, avec la bestiole aux grandes oreilles... non, pas les canards, les autres... mais qu’est-ce qui m’arrive ?

Je me relève, je me regarde dans la glace. Oh, y’a une sonnette à côté de la glace, génial ! Je la tire une fois, ça faut ding dong, délire !!! Hahahaha, je retire, ding dong, hahaha, ding dong ding dong, c’est dingue ! Je me demandai si ça y était hier, je regarde en haut, ding dong l’installation n’a pas l’air récente... Mais... que... des pas dans le couloir ??

Réfléchis, réfléchis bon sang, ta vie peut en dépendre ! Et si c’était un espion ou un assassin engagé pour me descendre ? Non, on appelle rarement les espions avec une sonnette, ça doit être un domestique. J’ai des domestiques maintenant ? Je ne m’en souvenais pas, j’ai dû les engager dans la nuit... le gaz neurologique. C’est ça, c’est le gaz. Dans quelques instants, une charmante soubrette à moitié nue va me demander si j’ai besoin de quelque chose, vite me repeigner !

On frappa à la porte... J’ouvris. Une grand-mère en chemise de nuit me demanda si j’étais le petit Chaperon Rouge. Je réfléchis. Suis-je le petit Chaperon Rouge ? Je regardai en bas, non, je ne pense pas que le petit Chaperon Rouge ait une aussi grosse bite. Je la regardai avec complaisance... minute, sommes-nous dans le passé simple ou dans le présent ? A quel temps dois-je parler ? Je m’adresse à Mère Grand, mais elle a juste ramassé la poubelle et est en train de la descendre. Ouf ! Ce n’est pas moi qu’elle voulait descendre, je suis soulagé au présent. Je suis tellement soulagé que ma bite devient toute grosse, j’ai l’air vachement content, mais je sais pas pourquoi, j’ai dû gagner un truc...

Je suis toujours tout nu, toujours aussi content, je me balade, heu baladai, non, je sais plus, on doit être au présent, j’avance vers la porte d’entrée, je sonne, mais comme je suis à l’intérieur, ça ne marche pas bien. Perplexe, mes réflexes d’acier me sauvent la mise, je frappe à la porte. Un clown blanc m’ouvre, j’ai peur, j’ai très peur des clowns, je deviens moins content, c’est dommage, j’étais si content... Le clown porte une pancarte avec un truc marqué dessus en très gros, mais je n’ai pas mes lunettes. Je m’approche, il me tapote les fesses et je lis : « PENTECOTE ».

N’importe quoi.

Je retourne me coucher, c’était bien la peine de me lever, tiens.


Chroniques de la rédaction

L’autre jour à la conf. de rédaction (c’est comme ça que le chef appelle les réunions normales où on est tous là, mais il trouve que ça fait plus sérieux, on ne sait pas très bien pourquoi, mais comme c’est le chef on n’ose rien dire), le chef nous a dit :
- les gars on va faire un spécial Pentecôte.

Moi je m‘en fichais un peu parce que je suis une fille, alors je ne me sentais pas vraiment concernée. Mais le chef de la rubrique People m’a donné un grand coup de coude dans les côtes, même que ça fait drôlement mal, et il m’a dit :
- Eho, toi aussi tu es concernée.
- Ah ! ben non, je suis une fille, et le chef a dit les gars, il n’a pas dit les gars et les filles, vois-tu bien.
- Si, si les filles aussi sont concernées, c’est comme des gars sauf que c’est des filles, il faut que tu fasses un truc comme tout le monde.

Je n’ai plus rien dit, le chef de la rubrique People est sympa, je ne dis pas ça parce que c’est mon chef de rubrique naturellement, mais parfois il est quand même un peu exigeant.

Et puis on est tous retournés dans nos bureaux pour commencer à travailler sur le spécial Pentecôte. Mais moi je n’avais aucune idée sur le sujet. Il est marrant le chef, il trouve un truc, n’importe quoi et ensuite on est censés pondre des tas de lignes drôles, intelligentes et tout et tout en deux temps trois mouvements. Alors je suis allée dans le bureau des chefs de rubrique, ils ont toujours des idées, sinon ils ne seraient pas chefs de rubrique. Et là le chef de la rubrique littéraire m’a regardé d’un air un peu las et il m’a dit très fort (je me demande pourquoi il pense que je suis sourde) :

- Comment veux-tu qu’on te donne des idées qu’on n’a pas ?
- Oui mais moi j’en ai pas non plus des idées, alors je demande à qui hein ? Parce que moi je ne suis pas chef de rubrique, si je l’étais j’en aurais, mais comme je ne le suis pas je n’en ai pas.

C’était quand même pas compliqué à comprendre. Ils m’ont tous dit d’aller voir le type qui s’occupe du serveur lapin, je ne comprends toujours pas pourquoi parce que quand je lui ai parlé de la Pentecôte, il m’a demandé :
- C’est quoi encore comme comme bug ?

Bon c’est vrai qu’il avait l’air drôlement occupé à faire un code terriblement compliqué, même que j’ai pris une photo en douce tellement ça m’a épatée :

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un code terriblement compliqué

Je lui ai répondu :
- Ah ! Non, ce n’est pas un bug c’est juste une fête sur laquelle on doit tous faire un article.
- Si c’est pas un truc informatique, moi je ne peux rien pour toi, parce que là je sais pas ce que c’est.
- Mais moi non plus je ne sais pas, et les chefs de rubrique ils m’ont dit que toi tu pourrais peut-être me donner une idée. Et je demande à qui maintenant ?

Il m’a envoyée vers le dessinateur, mais là c’était pire. Il m’a regardé avec un air vague, il était en train de gribouiller un truc bizarre sur un bout de papier.

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voyons, 1+1 égale... hmmm...

Comme je voyais qu’il ne me voyait pas, je suis partie. Il ne restait plus que le type qui s’occupe des finances, même qu’il n’est pas vraiment directeur financier d’ailleurs, mais lui c’est même pas la peine. Dès qu’on passe la tête dans son bureau il répond sans lever la sienne :

- Non, on n’a pas de budget pour ça.

Alors j’ai décidé de rentrer à la maison et de demander un arrêt maladie, comme ça le chef ne pourra pas me dire qu’une fois de plus je n’ai pas fait le travail. C’est pas de ma faute si je suis malade quand même.